Anit-Racism Movement (ARM) / Flickr (CC BY-NC-ND 2.0)

Domaines prioritaires

Aider les mouvements féministes, en faveur des droits des femmes et de la justice de genre à être un élément moteur de l’opposition aux systèmes d’oppression et à co-créer des réalités féministes.

Ressources des mouvements féministes

Image pour partager l'enquête! "Ou est L'argent?"

 

L'enquête "Où est l'argent?" #WITM est maintenant en ligne ! Plongez dans l'enquête et partagez votre expérience du financement de votre organisation avec des féministes du monde entier.

En savoir plus et participer à l’enquête!


Les mouvements féministes, en faveur des droits des femmes et leurs allié-e-s du monde entier s’opposent au pouvoir et imaginent de nouvelles politiques de libération. Des ressources économiques et politiques aux actes quotidiens de résistance et de survie, les contributions qui viennent nourrir ce travail revêtent de nombreuses formes.


L’initiative de l’AWID, Ressources des mouvements féministes (Resourcing Feminist Movements, RFM), met en lumière l’écosystème de financement actuel, qui va des modèles d’attribution des ressources auto-générée aux voies de financement officielles.

A travers nos recherches et analyses, nous examinons de quelles façons les pratiques de financement pourraient mieux servir nos mouvements. Nous faisons une étude critique des contradictions propres au “financement” de la transformation sociale, compte tenu notamment de la répression politique croissante, des programmes anti-droits et du pouvoir grandissant des entreprises. Mais surtout, nous élaborons des stratégies collectives en appui à des mouvements fleurissants, solides et résilients.


Nos Actions

Reconnaissant la richesse de nos mouvements et répondant au contexte actuel, nous oeuvrons à:

  • Créer et élargir les alternatives : Nous développons les pratiques de financement qui accordent une place prépondérante aux priorités des activistes et impliquons un large éventail de donateurs et d’activistes dans la création de nouveaux modèles dynamiques d’attribution de ressources en faveur des mouvements féministes, en particulier dans un contexte qui voit l’espace de participation de la société civile diminuer considérablement.

  • Enrichir nos connaissances : Nous explorons, échangeons et consolidons nos connaissances sur la façon dont les mouvements attirent, organisent et utilisent les ressources qui leur sont nécessaires pour entreprendre des changements significatifs.

  • Plaider : Nous travaillons en partenariat, comme avec le Count Me In! Consortium, afin d’influencer les programmes de financement et permettre aux mouvements féministes d’être en dialogue direct pour déplacer le pouvoir et l’argent.

 

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Rapport Annuel 2010

2010 rapport annuel

Notre rapport annuel 2010 souligne nos réalisations et l’impact de notre travail durant l'année.

Vous pouvez lire comment nous traduisons notre vision et mission en stratégies et en activités entreprises en collaboration avec les membres, partenaires et allié-e-s de l’AWID pour faire la promotion des droits des femmes et de l’égalité de genre à l’échelle mondiale.

Ce rapport comprend égalment des liens vers nos dernières publications.

Lire en ligne

Pourquoi et comment renouveler votre adhésion de l'AWID

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Nos membres individuel-le-s et institutionnels viennent de 163 pays situés dans TOUTES les régions du monde. Les dernier-ère-s membres à avoir rejoint notre association viennent de l’Inde, du Royaume-Uni, du Sri Lanka et du Kirghizistan. Nos membres contribuent un éventail riche et diversifié de perspectives, d’expériences, de connaissances, d’énergie et d’inspiration !

Connaissez-vous nos profils hebdomadaires de membres ?

En tant que membre de l’AWID, vous pourrez, entre autres avantages, voir votre propre histoire figurer dans la newsletter que nous envoyons à 35,000 abonné-e-s et que nous diffusons par le biais des médias sociaux auprès de 60,000 personnes.

Récemment en vedette :

Rencontrez Angila Ashitua, une jeune femme du comté de Vihiga, situé dans l’ouest du Kenya.

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Vous pouvez renouveler votre adhésion pour une période d’1, 2 ou 3 ans. Nous offrons la possibilité d’une adhésion individuelle ou institutionnelle gratuite à ceux et celles dont les revenus ou budgets sont restreints.

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Si vous rencontrez des difficultés lors de votre identification en ligne et avez besoin d’aide, n’hésitez pas à me contacter à l’adresse suivante : membership@awid.org

 


Les témoignages de nos membre

« Nous trouvons que l’AWID est un réseau particulièrement stimulant et nous nous impliquons dans beaucoup de ses plateformes. » – Engabu Za Tooro (membre institutionnel de l’AWID)

« Je me réjouis d’entamer une collaboration fructueuse avec l’équipe. J’en suis très heureuse. Merci de m’avoir acceptée parmi vos membres. » – R. Chakraborty (membre individuelle de l’AWID)

« Je tiens à remercier infiniment l’AWID ! Vous accomplissez un travail gigantesque. Vos efforts sont grandement appréciés. » – E. Khan (membre individuelle de l’AWID)

Faye Macheke

Biography

Faye est une féministe panafricaine passionnée, engagée dans les mouvements pour les droits des femmes, la justice raciale, les droits des migrant·e·s et des travailleur·euse·s, et la justice environnementale. Son activisme s'appuie sur l'héritage de la lutte contre l'apartheid en Afrique du Sud et de ses suites au Zimbabwe.

En 2019, Faye rejoint l'AWID en tant que Directrice des Finances, des Opérations et du Développement. Elle s’est efforcée de garantir que l’AWID respecte les principes et les valeurs féministes dans toutes ses opérations. Elle y apporte plus de 20 années d’expérience en leadership féministe, en stratégie et autres aspects du développement organisationnel et financier.

Faye est membre engagée du conseil d'administration de Urgent Action Fund-Africa et d'autres organisations de défense des droits des femmes. Auparavant, elle a occupé des postes de responsable des finances et des opérations chez Pediatric Adolescent Treatment for Africa et JASS - Just Associates Inc. en Afrique australe. Elle a également occupé des postes de direction chez International Computer Driving Licence (ICDL) en Afrique centrale et australe. Elle est titulaire d'une licence en sciences comptables de l'Université d'Afrique du Sud ainsi que membre du Southern African Institute for Business Accountants.

Position
Codirectrice Exécutive
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Contester le modèle de croissance économique

Le contexte

Contestant la prémisse que l'économie d'un pays doit toujours «grandir ou mourir», les propositions de décroissance démystifient le rôle central d’une croissance mesurée par l'augmentation du produit intérieur brut (PIB).

Définition

Le modèle de la décroissance propose une transition vers des niveaux de production et de consommation plus faibles et durables. En substance, il s’agit de restreindre l’espace économique pour laisser plus de latitude à la coopération humaine et aux écosystèmes.

La proposition prévoit ce qui suit :

  • Réduire la production superflue, consommatrice de grandes quantités de ressources et d'énergie, qui génère des émissions destructrices, en particulier dans les pays du Nord (par exemple l’industrie automobile et l’industrie militaire).
  • Réorienter les investissements vers le secteur des services de soins, des infrastructures sociales et de la restauration de l'environnement.

Perspective féministe

Les perspectives féministes sur la théorie et la pratique de la décroissance soutiennent qu'il est également nécessaire de redéfinir et de reconnaître la valeur du travail rémunéré et non rémunéré, sur le marché comme dans le secteur des soins aux personnes. Ceci contribuerait à surmonter les stéréotypes de genre traditionnels, les écarts de salaires en vigueur et les inégalités de revenus qui dévalorisent le travail réalisé dans le domaine des soins.


Pour en savoir plus sur cette proposition :

Ȃurea Mouzinho

Biography

Âurea Mouzinho est une organisatrice féministe dans le domaine de la justice économique. Originaire de Louanda en Angola, elle compte 10 ans de carrière dans la recherche, le subventionnement, le plaidoyer et le renforcement de mouvement pour les droits des femmes et la justice économique en Afrique et dans le Sud global. Actuelle responsable des programmes pour l’Afrique chez Thousand Currents, elle participe également au comité de rédaction de Feminist Africa et est membre d’Ondjango Feminista, un collectif féministe qu’elle a co-fondé en 2016. Tout juste maman d’un petit garçon Gémeaux, Ȃurea aime les journées tranquilles avec sa petite famille et les longues promenades sur la plage. Il lui arrive parfois de tweeter via son compte​​​​​​ @kitondowe.

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Avertissement : communication avec l’équipe de l’AWID

Si vous recevez des emails d’une personne de l’équipe de l’AWID, nous aimerions que vous preniez en compte les points suivants : 

  • L’information contenue dans cette communication est confidentielle et exclusivement destinée à la personne à qui elle s’adresse.

  • Cette communication peut contenir des informations dont l’Association pour les Droits des Femmes dans le Développement (AWID) est propriétaire, et qui ne peuvent être reproduites ou partagées, en totalité ou en partie, sans le consentement écrit de l’AWID.

  • L’AWID ne garantit pas que toutes les informations contenues ici soient complètes ou correctes. Cette communication n’est ni une offre pour conclure un accord ni une confirmation d’accord présenté ici, sauf si le contexte l’indique clairement. 

  • L’AWID ne vous conseillera pas vis-à-vis d’un accord pouvant être proposé ici. Cette communication ne constitue en rien une recommandation, une orientation ou une proposition pour conclure un quelconque accord.   

  • L’AWID ne garantit en aucun cas les résultats attendus d’un accord. Cette communication peut contenir des perspectives et des opinions qui ne reflètent pas nécessairement celles de l’AWID.

  • Vous ne pouvez pas vous fier aux informations contenues dans cette communication dans l’optique de conclure un accord proposé ou autre. 

Comment l’AWID a-t-elle débuté ?

L’AWID a fait ses débuts en 1982 et s’est transformée au fil du temps.

Pour mieux connaître notre histoire

Lire « From WID to GAD to Women's Rights: The First 20 Years of AWID » (disponible uniquement en anglais).

La tendresse est la plus féroce des résistances

Une série de films sur les Réalités féministes dans la région Asie/Pacifique

Préparée par Jess X. Snow
avec l’aide de Kamee Abrahamian et Zoraida Ingles
Révisée par Kamee Abrahamian

Dans toute l’Asie et le Pacifique, et dans sa diaspora tout entière, des femmes et des trans farouches se battent pour un avenir où iels pourraient être libres. Alors que l’élévation du niveau des mers menace les îles du Pacifique et les côtes de l’Asie continentale, la lutte pour protéger la Terre et les océans s’intensifie dans le monde entier. La mémoire géologique de notre planète enregistre toutes les expériences qu’elle a vécues : la montée des colonisations, de l’industrialisation et de la destruction de l’environnement est liée à la montée de l’État-nation patriarcal binaire. Le pouvoir au sein de la Terre de se réincarner et d’éclore face à la violence doit alors être mis en lien avec les femmes, la maternité, l’indigénéité et toutes les forces expansives, sacrées et queer. Les Réalités féministes unissent la lutte pour la protection des droits des femmes, des trans et des personnes LGBTQ+ avec celle pour la protection de la Terre, et ce n’est pas une coïncidence. Des mères et filles protégeant le Mauna Kea au Royaume de Hawai’i aux relations complexes entre mères et enfants chez les réfugié·e·s du Vietnam, en passant par les réveils sexuels de personnes queer dans l’Inde conservatrice, la réclamation de la construction de maisons en Mongolie intérieure et la lutte pour la libération des personnes LGBTQ aux Philippines, cet ensemble de films est une constellation des manières selon lesquelles les femmes, personnes queer et trans en Asie-Pacifique défendent de nos jours les multiples voies vers notre libération collective, au-delà des océans et des frontières.
 
Tous ces films témoignent du sens fort accordé aux lieux : des activistes autochtones protègent leurs terres sacrées, des jeunes déconstruisent les récits coloniaux sur leurs terres et découvrent des vérités cachées, les liens complexes de maternité et de soins sont examinés, et des personnages se tournent vers leur propre corps et leur sexualité comme autant de sanctuaires, lorsque la famille et la ville qui les entourent menacent leur sécurité.


AFTEREARTH

De Jess X. Snow

 « Un film envoûtant avec des plans époustouflants qui invoquent la résistance écologique  féministe et comment elle prend directement source dans l'histoire culturelle et la terre… »
    - Jessica Horn, stratège féministe panafricain·e, écrivain·e et cocréateur·rice de The temple of her skin (Le temple de sa peau) 

Dans le documentaire expérimental Afterearth, quatre femmes se battent pour protéger les volcans, les océans, la terre et l’air pour les générations futures. En s’appuyant sur de la musique, de la poésie et le témoignage poignant qui rend honneur aux lieux qu’atteint l’océan Pacifique – Hawai’i, les Philippines, la Chine et l’Amérique du Nord, Afterearth est une méditation poétique sur la relation intergénérationnelle et féministe de quatre femmes avec les terres et les plantes dont elles sont issues.


STANDING ABOVE THE CLOUDS

De Jalena Keane Lee

Dans Standing Above the Clouds, des mères et filles activistes indigènes de Hawai’i se tiennent côte à côte pour protéger leur montagne sacrée, Mauna Kea, contre sa transformation en un site de construction des plus grands télescopes au monde. En tant que protectrices de Mauna Kea, ce film souligne l’interconnexion entre Aloha ʻĀina (l’amour de la terre) et l’amour pour ses aîné·e·s et les générations à venir.


NƯỚC (EAU/TERRE NATALE)

De Quyên Nguyen-Le

Dans ce court-métrage narratif expérimental, Nước (Eau/Terre natale) un·e ado genderqueer vietnamo-américain·e questionne les récits dominants sur la guerre du Vietnam à Los Angeles, Californie. Par le jeu de séquences oniriques fortes et d’intrusions de la réalité, ce film suit le parcours qui lui permet de recomposer et de comprendre l’expérience de sa mère, réfugiée de la guerre du Vietnam.


KAMA’ĀINA

De Kimi Lee

Dans Kama’āina, une jeune queer de seize ans doit se débrouiller pour vivre dans les rues de Oahu, jusqu’à ce qu’elle finisse par pouvoir se réfugier, sur les conseils d’une tata, à Pu’uhonua o Wai’anae, le plus gros camp organisé de sans-abris de Hawai’i.


DEVI

By Karishma Dev Dube

Dans Devi (« déesse » en hindi), Tara, une jeune lesbienne « dans le placard », s’oppose à la fois à sa famille et à la tradition pour vivre son attirance pour la servante de la maison. Située à New Delhi, Devi est une histoire de révélation tout autant qu’un commentaire sur les lignes sociales et de classe qui divisent les femmes de l’Inde contemporaine.


HEADING SOUTH

De Yuan Yuan

Dans Heading South, Chasuna, une fillette de 8 ans élevée par sa mère sur le Plateau de la Mongolie intérieure, rend visite à son père abusif à la grande ville. Pendant qu’elle est chez son père, on lui présente une nouvelle venue dans la famille. Elle doit alors reconnaître et accepter que sa véritable maison est inséparable de sa mère et de la terre.


Outrun

De Johnny Symons & S. Leo Chiang

Dans le long métrage Outrun, nous suivons le parcours de la première femme transgenre au Congrès des Philippines. Face à l’oppression d’une nation majoritairement catholique, son parcours victorieux devient un cri de victoire pour les droits des personnes LGBTQ+ du monde entier.

Alliant le documentaire, le récit et des formes expérimentales, ces films illustrent que l’attention de la communauté, l’amour de soi et une écoute profondément transformatrice entre celleux que nous aimons sont une entrée dans les Réalités féministes auxquelles nous donnons vie aujourd’hui. De toute l’Asie Pacifique et sa diaspora, ces histoires nous montrent que, face à la violence, la tendresse est la plus féroce des résistances.

Regardez notre conversation avec les cinéastes 


Jess X Snow:

Jess X. Snow est réalisateur·rice de films, artiste, poète nominé·e au Pushcart, auteur·e de livres pour enfants et éducateur·rice artistique communautaire qui crée des histoires d'immigrant·e·s asiatiques queers qui transcendent les frontières, les binarités et le temps

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Je suis en train de rédiger un rapport de recherche. L’AWID peut-elle m’aider ?

L’AWID fournit une profusion de ressources pour vous aider dans votre recherche.

Nous vous invitons à explorer nos sections Domaines prioritaires et Informez-vous ou utlisez l'outil de recherche pour trouver des informations sur un suject spécifique.

Nous recommendons particulièrement la consultation de notre boîte à outils « Où est l’argent pour les droits des femmes ? » (« Where Is The Money for Women's Rights? », WITM). Cette boîte à outils est une méthodologie de recherche autogérée  pour soutenir les individus et les organisations qui souhaitent mener leur propre recherche sur les tendances de financement en adaptant la méthodologie de recherche de l’AWID à une région, une question ou une population spécifique.

Explorez la boîte à outils WITM

Mangue

Jurema Araújo Portrait

Jurema Araújo est une enseignante-poète originaire de Rio de Janeiro. Elle a contribué au magazine Urbana, édité par les poètes Brasil Barreto et Samaral (paix à son âme) et au livre Amor e outras revoluções (L’amour et autres révolutions) avec plusieurs autres écrivain·e·s. En collaboration avec Angélica Ferrarez et Fabiana Pereira, elle a coédité O livro negro dos sentidos (Le livre noir des sens), une anthologie créative sur la sexualité des femmes noires au Brésil. Jurema a 54 ans ; elle a une fille, trois chiens, un chat et beaucoup d’ami·e·s.

Mango Cover

Tu la suces avec moi? 

La mangue est mon fruit préféré. 
J’ouvre ma bouche
et l’avale toute entière,
sa chair est prise entre mes dents
qui se font tendres pour ne pas la blesser
et entre ma langue et mon palais, je la serre
puis je la retire pour en lécher tous les côtés
alors que son jus coule dans ma bouche
et que je m’arrose de ce nectar délicieux 
avant de l’introduire de nouveau dans ma bouche
car la mangue est semence et miel;
elle est fibre et saveur.
Et je suis ivre lorsque je termine, 
toute miellée et sucrée,
mes lèvres trempées.
Mmmmm, quel est l’intérêt de la mangue, si ce n’est pour l’étaler?


Nous vous présentons le Black Book of Senses (Le livre noir des sens)

Je vais être honnête : lorsque Angélica et Fabi m’ont proposé de créer une collection de textes érotiques écrits par des femmes noires, j’ignorais ce que c’était que de produire un recueil. Je maîtrisais le thème de l’érotisme, mais créer un recueil… J’ai souri, timide et flattée. Je crois que je les ai remerciées – du moins je l’espère! – et je me suis dit : mais qu’est-ce que c’est que ce truc, putain?! C’est quoi ce mot pompeux que je vais devoir intégrer tout en le mettant en pratique? 

Aujourd’hui, je sais ce que c’est que de créer un recueil : c’est faire l’amour avec les écrits de quelqu’un d’autre, avec l’art de quelqu’un d’autre dans le but d’en faire un livre. Et c’est exactement ce que j’ai fait. J’ai dévêtu le texte de chaque autrice avec une lascivité littéraire. J’ai eu un rapport avec les mots et les sens d’autres personnes. J’ai été pénétrée par des poèmes que je n’avais pas écrits; des contes que je n’aurais jamais osé imaginer m’ont retournée, ont chamboulé mes sentiments, ma libido. Et c’était un orgasme inhabituel et merveilleux : éthéré, corporel, sublime, à la fois intellectuel et sensitif. 
Ces textes pulsaient comme un clito durci par le désir, trempé, dégoulinant de joie à chaque lecture. Des mots dont la grivoiserie m’aspirait, me faisant plonger plus profondément dans cet univers humide. 

Ces femmes noires sont allées au fond de leur excitation et ont transformé leurs fantasmes érotiques les plus profonds en art. Ces œuvres sont imprégnées de la manière dont chaque autrice vit la sexualité : libre, noire, individuelle, la sienne, son pouvoir retrouvé. 

J’ai choisi de classer les textes en différentes parties dans le livre, chacune étant organisée en fonction du contenu le plus délicat, explosif, évident ou implicite qu’elle renfermait.

Pour ouvrir la porte à cette « envulvée noiressence », nous proposons la section Préliminaires, avec des textes qui introduisent le lecteur dans ce monde de délices. Il s’agit d’une caresse plus générale et délicate afin d’accueillir les sujets que les textes aborderont dans le reste du livre. 

Puis vient la chaleur du Toucher, qui évoque les ressentis de la peau. Cette énergie qui brûle ou transite nos corps, fait bouillir nos hormones et éveille à leur tour nos autres sens. Et même si nous sommes nombreux·ses à être voyeurs·euses, le contact de la peau sur une bouche humide et chaude est excitant, comme si vous naviguiez dans la douceur de la personne qui se trouve avec vous. On est séduit par le contact ferme ou doux qui nous fait frissonner et ce picotement délicieux qui nous traverse du cou au bas du dos et qui ne disparaît que le lendemain. Et la chaleur des lèvres, la bouche, la langue humide sur la peau – ah! la langue dans l’oreille, mmmm – ou peau contre peau, les vêtements glissant sur les corps, comme s’ils se voulaient une extension de la main de l’autre. S’il n’y a pas d’urgence, l’excitation absolument sauvage d’une étreinte ferme, un peu de douleur – ou pourquoi pas, beaucoup?

La section Son – ou mélodie? – nous montre que l’attirance pour une personne passe également par l’ouïe : c’est la voix, les chuchotements, cette musique qui permet la connexion des corps et peut constituer la trame même du désir. Pour certain·e·s d’entre nous, la seule voix d’une personne ayant un joli timbre, qu’il soit rauque, traînant ou mélodieux, suffirait à nous donner un orgasme auditif. Elle n’aurait qu’à jurer grossièrement ou nous murmurer des mots doux à l’oreille pour nous faire frissonner du cou au coccyx.

Dans Saveur, nous confirmons que la langue est imbattable lorsqu’il s’agit d’aller goûter les endroits les plus enfouis et parcourir les corps pour se faire plaisir. Parfois, on l’utilise audacieusement pour goûter le nectar de l’autre. L’idée d’offrir sa fraise ou sa mangue délicieuse et juteuse à des morsures ou des coups de langue – ou des coups de langue et des morsures – nous désarme. Mais rien n’est plus délicieux que de goûter aux grottes et collines de la personne avec laquelle on est. Enfoncez votre langue bien profond pour goûter à ce bout de fruit… ou passez des heures à goûter le gland d’une queue dans votre bouche, passez votre langue sur des seins gourmands pour en goûter leurs tétons. Il s’agit de se souvenir d’une personne par la Saveur qu’elle nous a laissée. 

Il y a aussi les textes où c’est le nez qui déclenche le désir. L’Odeur, mes chers·ères lecteurs·trices, est capable de nous éveiller aux délices du désir. Parfois, nous rencontrons des gens qui sentent si bon que nous voudrions les aspirer par le nez. Lorsque vous sillonnez le corps de l’autre avec le nez en commençant par le cou, sentez ce frisson délicieusement inconfortable qui parcourt votre colonne vertébrale et déshabille votre âme! Ce nez impudent se déplace ensuite vers la nuque où il capture le parfum de l’autre de telle sorte qu’en l’absence de cette personne, ce même parfum évoque, voire se répand en nous dans des souvenirs olfactifs qui ressuscitent l’odeur affolante de cette dernière.

Nous en venons au Regard – le plus traître des sens selon moi – où nous percevons le désir à partir d’un point de « vue ». Les textes présentent le désir et l’excitation par le biais de la vue, qui à son tour provoque les autres sens. Il suffit parfois d’un sourire pour nous rendre dingues. L’échange de regards? Celui qui dit : « J’ai envie de toi, là, maintenant ». Ce regard possédé qui s’éteint quand vous avez fini de baiser, ou pas. Celui-là est très particulier; il attire à lui l’autre qui ne pourra en détourner ses yeux très longtemps. Ou les regards du coin de l’œil – quand on détourne le regard au moment où l’autre va tourner la tête, comme un jeu du chat et de la souris? Pris·e·s en flagrant délit, il ne nous reste plus qu’à lui décocher un large sourire. 

Pour finir, l’explosion. En se promenant à travers Tous les sens, les textes mêlent des sentiments qui prennent des allures d’alarme et nous entraînent vers le plaisir suprême : l’orgasme. 

Bien sûr, ces différents contes et poèmes ne diffèrent d’aucune façon explicite. Certains sont subtils. L’excitation fait appel à tous nos sens et, plus fondamentalement, à notre tête. C’est là que ça se passe, c’est là que se fait la connexion à tout notre corps. J’ai organisé les poèmes selon la façon dont je les sentais à chaque lecture. Libre à vous de ne pas être d’accord! Mais pour moi, il existe un sens particulier par lequel le désir passe et puis explose. Et il y a quelque chose de délicieux à découvrir duquel il s’agit.

Pour pouvoir transformer l’excitation en art, nous devons nous libérer de tous nos préjugés, de nos prisons et des stigmates dans lesquels cette société centrée sur les Blancs nous a enfermé·e·s. 

Chaque fois qu’une autrice noire transforme l’érotique en art, elle brise ces chaînes racistes et néfastes qui paralysent son corps, répriment sa sexualité et nous transforment en objet de convoitise d’un autre. Écrire de la poésie érotique, c’est reprendre le pouvoir sur son propre corps et parcourir sans crainte les délices du désir pour soi-même, pour les autres, pour la vie.

L’érotisme littéraire reflète ce que nous sommes lorsque nous en faisons de l’art. Nous montrons ici le meilleur de nous-mêmes, nos visions de l’amour trempées de plaisir, assaisonnées d’érogénéité, répandues dans nos corps et traduites par notre conscience artistique. Nous sommes multiples et nous partageons cette multiplicité de sensations dans des mots dégoulinants d’excitation. Oui, même nos mots dégoulinent de notre désir sexuel, mouillant nos vers, transformant nos pulsions sexuelles en paragraphes. Pour nous, jouir est révolutionnaire.

Nous devons noircir nos esprits, nos corps et notre sexualité, renouer avec notre plaisir et nous réapproprier nos orgasmes. Ce n’est qu’alors que nous serons libres. Tout ce processus est une révolution et il se fait dans la douleur. Mais il y a du bonheur à se découvrir très différent·e·s de ce que l’on attendait de nous. 

Je sens que je suis à vous, je suis à nous. Goûtez, prenez plaisir, régalez-vous de ces mots merveilleux avec nous.

Ce texte est une adaptation des introductions de “O Livro Negro Dos Sentidos” [Le livre noir des sens], un recueil érotique de poèmes composés par 23 autrices noires.

Cover image for Communicating Desire
 
Continuez à explorer Incarnations transnationales

Cette édition du journal, en partenariat avec Kohl : a Journal for Body and Gender Research (Kohl : une revue pour la recherche sur le corps et le genre) explorera les solutions, propositions et réalités féministes afin de transformer notre monde actuel, nos corps et nos sexualités.

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Cover image, woman biting a fruit
 

التجسيدات العابرة للحدود

نصدر النسخة هذه من المجلة بالشراكة مع «كحل: مجلة لأبحاث الجسد والجندر»، وسنستكشف عبرها الحلول والاقتراحات وأنواع الواقع النسوية لتغيير عالمنا الحالي وكذلك أجسادنا وجنسانياتنا.

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Janvier 2015: 1ère session de rédaction du document final de la 3ème Conférence sur le FdD

La première session de rédaction du document final de la troisième Conférence sur le financement du développement

  • À partir de janvier 2015, les sessions de rédaction du document final se sont succédé au siège de l’ONU à New York.
  • Avant la première de ces sessions, les co-facilitateurs du processus préparatoire de la Conférence d’Addis Abeba ont présenté un document récapitulatif (en anglais) en vue de la rédaction de la dite « version zéro » du document final. Ce document avait vocation à servir de base aux négociations intergouvernementales relatives au contenu du document final.
  • Pendant les sessions, des organisations de défense des droits des femmes ont mis l’accent sur la nécessité, au cours des processus relatifs à l’après-2015, d’aborder séparément le FdD et les modalités de mise en œuvre. À leurs yeux, le FdD offre une occasion unique aux États de s’attaquer aux causes structurelles des inégalités.