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© ACDI/Katalina Morales

Les recommandations relatives à l’investissement de l’Initiative « Spotlight » pour mettre fin aux violences faites aux femmes

Les mouvements de femmes dans le monde entier sont en première ligne de la lutte pour l’éradication des violences faites aux femmes, pour une plus grande participation des femmes aux niveaux local, national et mondial, ainsi que pour garantir une législation et des politiques pertinentes pour l’égalité des genres.

Les mouvements des femmes devraient jouer un rôle central en tant que partenaires dans la définition et la mise en œuvre de l’Initiative « Spotlight ». .

Les points ci-dessus proposent des recommandations de Count Me In! Consortium de l’Union européenne et les Nations Unies 500 millions EUR pour mettre fin aux violences faites aux femmes.


Principe : Rien pour nous, sans nous

  • 1. Des 500 millions € de l’initiative, réserver au moins 100 millions € spécifiquement à des subventions directes à des organisations pour les droits des femmes (ODF). Bien que nous comprenions que d’autres acteur-trice-s (les gouvernements, d’autres organisations de la société civile) seront également soutenu-e-s, 20 % accordés à des organisations de femmes en tête de la lutte contre les violences faites aux femmes devrait être un standard minimum.

Et ceci devrait venir en sus de l’appel à proposition en cours de l’UE (32 millions €), de l’initiative de l’ANASE (25 millions €) et du financement de l’UNFPA (100 millions €).

  • 2. Un engagement à une représentation d’au moins 30 % parmi les mouvements de femmes dans tous les organes de prise de décisions, d’évaluation et de consultation (nationaux, régionaux et mondiaux). Il est connu que 30 % est le « point de bascule » d’une représentation significative. Publier ouvertement un processus transparent pour la participation des organisations de femmes et féministes.
  • 3. Doter l’Initiative « Spotlight » de personnel ayant une expertise dans les domaines de l’égalité des genres et des droits des femmes. Inclure ces exigences de qualification dans l’ensemble des publications de postes (toute fonction d’administration du fonds d’affectation spéciale incluse). Inclure les acteur-trice-s des droits des femmes et expert-e-s en violence faite aux femmes dans les panels indépendants pour l’évaluation des propositions de subventions.

Principe : Laisser la demande orienter la stratégie

  • 4. Lancer un processus ouvert et concurrentiel de demandes, et allouer les fonds là où les mouvements de femmes jouent un rôle central. Lorsque les partenariats sont privilégiés, prioriser les partenariats solides entre les organisations et alliances de droits des femmes, les gouvernements, les organisations de la société civile, etc.
  • 5. Les critères de sélection des propositions – dont les pays désignés – doivent inclure une forte tradition d’organisation des mouvements de femmes autour des violences faites aux femmes. Les propositions de gouvernements ayant limité l’espace d’organisation des droits des femmes, ou qui sont suspectés de violences parrainée par l’État contre les femmes, devraient être rejetées. Dans ces cas, les mouvements des femmes pourraient recevoir des financements directs des fonds des femmes et du fonds d’affectation spéciale des Nations Unies.
  • 6. Reconnaître que des formes de violence sont interconnectées et se chevauchent. Le financement devrait être accessible à la lutte contre toutes les formes de violence à l’égard des femmes et des filles et ne pas être segmenté artificiellement.
  • 7. Investir dans l’apprentissage de la collecte de données probantes pour contrer les violences faites aux femmes sur le long terme. S’appuyer sur les efforts actuels de collecte de données et inclure des expert-e-s sur les droits des femmes dans toute supervision, suivi de données et rapport.

Principe : Financer les résultats, pas la bureaucratie

  • 8. Dans la mesure du possible, tous les fonds devraient être alloués par l’intermédiaire du Fonds d’affectation interagence des Nations Unies pour l’élimination des violences faites aux femmes. Pour atteindre davantage d’organisations locales et communautaires de droits des femmes, une portion des fonds pourrait être allouée par les fonds des femmes.
  • 9. Limiter les couches successives de bureaucratie et de financements pour les processus onusiens. Bien que le renforcement de la coordination au sein de l’ONU soit importante et appréciable, les efforts pour mettre un terme aux violences faites aux femmes ne devraient pas être otages de la capacité de collaboration l’ONU. Le maximum des fonds devrait aller aux personnes à qui ils sont destinés, pas aux administrations ou à la coordination.
  • 10. Fixer le pourcentage des coûts de soutien (l’argent non accordé ou qui finance directement le personnel de l’Initiative). Pour un programme d’une telle ampleur, les coûts standard d’administration et de fonctionnement seraient jugés disproportionnés et constitueraient une mauvaise utilisation des fonds.

 

Adhérez aux recommandations


Count Me In! (CMI!) est un consortium de fonds et d’organisations de défense des droits des femmes composé des membres suivants : l’Association pour les droits des femmes dans le développement (AWID), Creating Resources for Empowerment and Action (CREA), Just Associates (JASS), Mama Cash, the Red Umbrella Fund et les Fonds d’action urgente (Urgent Action Fund-AfricaUrgent Action Fund-Latin America, et;Urgent Action Fund). CMI! vise à contribuer à l’instauration d’un environnement sûr et inclusif favorable aux organisations de défense des droits des femmes, aux mouvements et aux défenseur-e-s des droits humains des femmes (DDHF). Le Consortium est financé par le ministère néerlandais des Affaires étrangères et compte WO=MEN parmi ses partenaires de pression.

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