Construction d’économies féministes
La construction d’économies féministes a pour objet de créer un monde où l’air est respirable et l’eau buvable, où le travail est significatif et où nous bénéficions de soins pour nos communautés et nous-mêmes, où chacun-e peut jouir de son autonomie économique, sexuelle et politique.
Dans ce monde où nous vivons aujourd’hui, l’économie continue de s’appuyer sur le travail de soins non rémunéré et sous-évalué des femmes au service des autres. La poursuite de la “croissance” ne fait que développer l’extractivisme--un modèle de développement fondé sur l’extraction et l’exploitation massives des ressources naturelles, qui continue de détruire les populations et la planète tandis qu’elle concentre les richesses entre les mains des élites mondiales. Parallèlement, l’accès aux soins de santé, l’éducation, les salaires décents et la sécurité sociale sont réservés à une poignée de privilégiés. Ce modèle économique repose sur la suprématie blanche, le colonialisme et le patriarcat.
En adoptant la seule « approche pour l’autonomisation économiques des femmes», on ne fait guère qu’intégrer davantage les femmes dans ce système. Cela peut constituer un moyen temporaire de survie. Nous devons semer les graines d’un nouveau monde possible pendant que nous abattons les murs du monde existant.
Nous croyons en la capacité des mouvements féministes à créer de vastes alliances entre mouvements qui leur permettent d’oeuvrer pour le changement. En multipliant les propositions et visions féministes, nous cherchons à construire les nouveaux paradigmes d’économies plus justes.
Notre approche doit être interconnectée et intersectionnelle, car nous ne pourrons jouir d’aucune autonomie sexuelle et corporelle tant que chacun·e d’entre nous ne jouira pas de ses droits économique ni d’une autonomie financière. Nous voulons travailler avec celles et ceux qui s’opposent à la montée mondiale de la droite conservatrice et des fondamentalismes religieux et la contrent, car tant que nous n’aurons pas ébranlé les fondements même du système actuel, aucune économie ne saura être juste.
Nos Actions
Notre travail conteste le système de l’intérieur et met en évidence ses injustices fondamentales.
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Promouvoir des programmes féministes : Nous nous opposons au pouvoir des entreprises et à l’impunité concernant les violations des droits humains en travaillant avec des allié-e-s afin de nous assurer que les perspectives féministes, relatives aux droit des femmes et à la justice de genre sont intégrées dans les espaces politiques. A titre d’exemple, vous pouvez vous informer sur le futur instrument juridiquement contraignant concernant “les sociétés transnationales et autres entreprises en matière de droits humains” au Conseil des droits humains des Nations Unies.
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Mobiliser des actions solidaires : Nous oeuvrons à renforcer les liens qui existent entre les mouvements féministes et les mouvements en faveur de la justice fiscale, y compris à réclamer les ressources publiques perdues à cause de flux financiers illicites afin de garantir une justice de genre et sociale.
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Enrichir nos connaissances : Nous fournissons aux Défenseuses des droits humains (WHRD) des informations stratégiques qui s’avèrent vitales dans la lutte contre le pouvoir des entreprises et l’extractivisme. Nous contribuerons à développer une base de connaissances autour du financement local et mondial et les mécanismes d’investissements qui alimentent l’extractivisme.
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Créer et élargir les alternatives : Nous participons et mobilisons nos membres et nos mouvements à envisager des économies féministes et à partager nos savoirs, nos pratiques et nos programmes féministes en faveur d’une justice économique.
« La révolution corporative s’effondrera si nous refusons d’acheter ce qu’ils nous vendent: leurs idées, leurs versions de l’histoire, leurs guerres, leurs armes, leur notion d’inéluctabilité. Un autre monde est non seulement possible, mais il est aussi déjà en bonne voie. Quand tout est tranquille, je peux l’entendre respirer. » Arundhati Roy, War Talk.
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Snippet - Feminist Community Evening - FR
Une soirée communautaire féministe
✉️ Sur inscription uniquement. Inscrivez-vous ici
📅 Mercredi 12 mars 2025
🕒 17.00h-19.00h EST
🏢 Chef's Kitchen Loft with Terrace, 216 East 45th St 13th Floor New York
Organisé par : Women Enabled International et AWID
Snippet - COP30 Intro - FR
Rejoignez le mouvement féministe pour soustraire l’action climat de l’emprise des multinationales
Alors que la COP29 de l’année dernière avait été marquée par la présence de près de 1 773 lobbyistes du secteur des énergies fossiles, nous voilà en route vers Belém au Brésil, aux côtés d’autres féministes, pour assister à la COP30 du 10 au 21 novembre 2025. Nous continuerons d’y dénoncer les fausses solutions, d’interpeller sur la mainmise des multinationales, et d’exiger aux États qu’ils respectent leurs engagements envers le principe des responsabilités communes mais différenciées (en anglais), et préconiserons des alternatives économiques féministes.
2,7 mille milliards USD pour l’armée. 300 milliards USD pour la justice climatique. Nous sommes là pour inverser la vapeur.
Berta Cáceres Flores
Snippet - COP30 - Partner intro - FR
Cette campagne est menée par 8 organisations partenaires sur différents continents, et construit des alternatives féministes à la crise climatique, aux écocides et aux génocides.
Gladys Lanza Ochoa
Clone of Snippet - CSW69 spaces to watch out for - FR
Les espaces de la CSW69 sur lesquels garder un œil
Apprenez-en davantage sur les prochains événements CSW69 co-organisés par l'AWID ci-dessous
Audette Salem
Activisme des jeunes féministes
S'organiser de manière créative face à des menaces croissantes
Les jeunes activistes féministes jouent un rôle crucial au sein des organisations et des mouvements pour les droits des femmes à travers le monde. Ce sont elles qui soulèvent les nouveaux problèmes auxquels les féministes sont confrontées aujourd'hui. Leur force, leur créativité et leur adaptabilité sont vitales pour assurer la viabilité des organisations féministes.
Pourtant, elles sont confrontées à toute une série d’obstacles particuliers, notamment l'accès limité au financement et au soutien, le manque de possibilités de renforcement des capacités et une augmentation considérable des agressions sur les jeunes défenseuses des droits humains. Ces obstacles entraînent un manque de visibilité qui rend leur intégration et leur participation effective au sein des mouvements pour les droits des femmes encore plus difficiles.
Une approche multigénérationnelle
Le Programme d’activisme des jeunes féministes de l'AWID a été mis en place pour veiller à ce que les voix des jeunes femmes soient entendues et représentées dans le discours féministe. Nous voulons faire en sorte que les jeunes féministes aient un meilleur accès à du financement, à des opportunités de renforcer leurs capacités et aux processus internationaux.
En plus de soutenir directement les jeunes féministes, nous travaillons également avec des activistes des droits des femmes de tout âge pour élaborer des modèles et des stratégies d’organisation multigénérationnelles plus efficaces.
Nos actions
Nous souhaitons que les jeunes féministes puissent jouer un rôle actif dans les prises de décisions qui concernent leurs droits. Nos actions incluent :
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Favoriser la mise en commun et le partage d'informations par la Plateforme de jeunes féministes. Étant donné l'importance des médias en ligne pour le travail des jeunes féministes, notre équipe a lancé la Plateforme de jeunes féministes en mai 2010. Elle a pour objectifs d’échanger des renseignements, de renforcer les capacités des membres par le truchement de webinaires et de discussions en ligne, et d'encourager la consolidation d’une communauté de jeunes féministes.
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Soutenir la recherche et le renforcement des connaissances sur l'activisme des jeunes féministes, pour accroître la visibilité et l'influence de leur activisme au sein et entre les mouvements pour les droits des femmes et auprès d'autres acteurs-trices clés, tels les donateurs.
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Faire la promotion de la collaboration multigénérationnelle, en explorant de meilleures façons de travailler ensemble.
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Inciter les jeunes féministes à s’engager dans les processus internationaux relatifs au programme de développement, notamment ceux des Nations Unies.
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S’assurer leur collaboration dans tous les domaines prioritaires de l'AWID, y compris le Forum, pour faire en sorte que leurs contributions, leurs perspectives, leurs besoins et leur activisme se traduisent dans les débats, les politiques et les programmes qui les concernent.
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« Cultiver l’agro-entrepreneuriat » au Ghana
« Cultiver l’agro-entrepreneuriat » au Ghana
Nana Adjoa Sifa Amponsah, une jeune femme ghanéenne, rêve d'une « société dans laquelle les jeunes diplômées seraient fières d'être des agro-entrepreneuses – entrepreneuses du secteur agricole – et où la petite agriculture serait rémunérée à sa juste valeur ». Elle est convaincue de la capacité des agro-entrepreneuses à faire évoluer et à stimuler l'économie du Ghana, qui pourrait ainsi « produire une nourriture saine et un secteur agricole prospère ».
« Je suis convaincue du fait que l'agriculture est un secteur qui, à lui seul, peut apporter beaucoup à la résolution des problèmes mondiaux les plus pressants : le chômage, l'insécurité alimentaire, la pauvreté, la faim et la malnutrition. »
Titulaire d'un diplôme d'entrepreneuse sociale de l'Institute of Social Entrepreneurs (aujourd'hui appelé Kanthari), en Inde, Nana possède une expérience de terrain dans les domaines de la sécurité alimentaire, du management stratégique et de l'agriculture en Afrique, en Asie et en Europe. Aujourd'hui, Nana est une experte de la gestion de projet qui a lancé de nombreux projets et programmes visant à l’obtention de changements durables. Elle est également spécialisée dans les activités de levée de fonds et de planification d'évènements et de projets.
Actuellement, Nana est la présidente de la Direct Impact Foundation, une organisation implantée au Ghana qui vise à combler le fossé entre éducation urbaine et éducation rurale. Elle est également à l’initiative de la création de Guzakuza, une entreprise sociale qui a vocation à concilier agriculture et entrepreneuriat pour favoriser l'épanouissement d'une mentalité agro-entrepreneuriale. Guzakuza est un mot swahili que l’on pourrait traduire par « des pépinières qui changent la vie ». Nana y voit une approche susceptible de résoudre les problèmes les plus pressants, approche qu’elle désigne aussi par l’expression « solution PDF » (Plaidoyer, Coopératives et Formation).
« Je reviens toujours à la même question : quel est véritablement le grand changement que nous devons espérer ? Comment allons-nous nourrir une population qui atteindra les 9 milliards de personnes en 2050 si nous sommes tous et toutes des avocat-e-s, des médecins et des ingénieur-e-s ? »
Nana est membre de l'AWID depuis début 2014. Elle adore voyager, écrire et cuisiner. Ses deux grandes passions sont la photographie et l'agriculture.
Écoutez Nana vous présenter ses rêves.
Vous en apprendrez plus sur la « solution PDF » (en anglais).
Growing ‘Agripreneurs’ in Ghana
Growing ‘Agripreneurs’ in Ghana
Nana Adjoa Sifa Amponsah, a young woman from Ghana, dreams of “a society where young women graduates are proud to be ‘agripreneurs’, agricultural entrepreneurs, and where the smallholder farmer gets value for money”.
She is confident that women agripreneurs will influence and drive Ghana's economy, “grow healthy food and wealthy farmers”.
“I strongly believe that agriculture is one single sector that can help reduce five of the world's most pressing problems which are unemployment, food insecurity, poverty, hunger and malnutrition.”
A certified social entrepreneur from the India-based Institute of Social Entrepreneurs (now called Kanthari), Nana has direct field experience in food security, strategic management and agriculture in Africa, Asia and Europe. Over the years, Nana has become a project management expert and has initiated numerous projects and programs that help create lasting change. Nana is also skilled in fundraising and events and projects planning.
Currently, Nana is the President of Direct Impact Foundation in Ghana, an organization aiming to bridge the gap between rural and urban education. She is also an initiator of Guzakuza, a social enterprise committed to combining agriculture and entrepreneurship to create agrpreneurial mindsets. Guzakuza is a Swahili word meaning ‘grow to touch lives’. She sees it as an approach to tackle the most pressing problems, calling it ‘solution ACT’ which stands for Advocacy, Cooperatives, and Training.
“The big question I keep asking is what would be the greatest change? How do we feed the population on track to 9 billion in 2050 if we are all lawyers, doctors and engineers?”
Nana has been a member of AWID since early 2014. She loves to travel, write and cook and is passionate about photography and farming.
Listen to her “Dream Speech” where you can also find out more about ‘solution ACT’.
El cultivo de 'agroemprendedoras' en Ghana
El cultivo de 'agroemprendedoras' en Ghana
Nana Adjoa Sifa Amponsah, una joven de Ghana, sueña con «una sociedad en la que las jóvenes que se gradúan sientan orgullo de ser 'agroemprendedoras' a cargo de emprendimientos agrícolas y en la que haya una buena relación precio-calidad para los productos de la agricultura a pequeña escala».
Nana confía en que las agroemprendedoras lograrán influir sobre la economía de Ghana e impulsarla, «produciendo alimentos saludables y campesinas ricas».
«Creo firmemente que si hay un sector que puede ayudar a reducir cinco de los problemas más urgentes del mundo —desempleo, inseguridad alimentaria, pobreza, hambre y desnutrición— es la agricultura».
Emprendedora social certificada por el Institute of Social Entrepreneurs [Instituto de Emprendedores Sociales, ahora conocido como Kanthari], Nana tiene experiencia directa de campo en seguridad alimentaria, gestión estratégica y agricultura adquirida en África, Asia y Europa. Con los años, Nana se ha convertido en una experta en gestión de proyectos y ha generado muchos proyectos y programas que ayudan a generar cambios duraderos. También está capacitada en movilización de recursos y en planificación de eventos y proyectos.
En la actualidad, Nana es la Presidenta de Direct Impact Foundation [Fundación Impacto Directo], una organización con sede en Ghana que se propone cerrar la brecha educativa entre las zonas rurales y las urbanas. También es la creadora de Guzakuza, un emprendimiento social que combina la agricultura y el espíritu emprendedor para generar mentalidades agroemprendedoras. Guzakuza es una palabra suajili que significa «cultivar para cambiar vidas». Para Nana, se trata de un enfoque para hacer frente a los problemas más urgentes, al que por su sigla en inglés ella llama ‘la solución ACT’ (incidencia , cooperativas y capacitación).
«La pregunta más importante que hago todo el tiempo es ¿cuál sería el cambio más profundo? ¿Cómo vamos a alimentar a una población que se estima será de 9 mil millones en 2050 si somos todas abogadas, médicas e ingenieras?»
Nana está afiliada a AWID desde comienzos de 2014. Le gusta viajar, escribir y cocinar, y le apasionan la fotografía y la agricultura.
Escucha su “Dream Speech” [Discurso sobre mi sueño] (en inglés) en el que podrás encontrar más información sobre la ‘solución ACT’.
Blossoming in the Democratic Republic of Congo
Blossoming in the Democratic Republic of Congo
Founded in 2008, La Floraison’s mission is to mobilize, convene and support young women human rights activists in Fizi territory[1], a rural area in the South Kivu province of the Democratic Republic of Congo, to advance their social, cultural and economic wellbeing. Its mission is part of a broader vision for the emergence of a new group of young women concerned about their development and resolutely committed to becoming agents of sociocultural and economic progress within their environment. This brought about the slogan “Young women serving the community” which has been part of the association since its launch.
“I sacrificed all of my time to serve the most vulnerable, especially women victims of sexual violence,” Magdeleine Rusia Abwe, psychosocial assistant of one of the Floraison projects.
The organization uses an approach they call ‘Our Voice’ which ranges from awareness-building and information-sharing via a theatrical troupe, a newspaper and community radio, to advocacy, and mobilizing resources for women’s groups. ‘Our Voice’ is proof of our support and engagement toward a world without violence,” says Loy Honore, founder of La Floraison.
A counseling center for survivors of sexual and gender-based violence
For three years, La Floraison has supported the psychosocial care and socioeconomic reintegration of women and girls who are survivors of sexual and gender-based violence within the Nemba, Katenga and Rubana health centers in Fizi territory. Through the counselling center the project seeks to inform communities about sexual violence against women and girls, available services, and women’s rights and their legal implementation, as well as provide victims with counseling, referral to medical and legal support services and ensure their economic reintegration through Village Saving and Lending Associations (VSLA), while strengthening community activism against gender-based violence.
In addition to documenting, counselling, supporting, and providing referrals to survivors of sexual and gender-based violence, La Floraison mediates between survivors who have been shunned and their families. To compliment, the project includes community outreach on sexual and gender-based violence, creating and strengthening Committees for Surveillance and Alert, social and community conflict resolution, and women’s rights advocacy.
“Through the group, I found something worth more than money: solidarity!”
A 17 year old Burundian survivor of violence, and beneficiary of La Floraison support, tells her story:
“At 15, I gave birth to my first child with an old loyal client who offered a cow to my mother. The brutality of that old drunkard – beatings, death threats – wouldn’t allow for a moment’s peace at home. I came home but my mother wasn’t pleased with my behaviour. In October 2013, an old Congolese man, older than 49, presented the need to bring me to the DRC with him, my mother gave him her permission for marriage without asking me and the suiter gave 3 goats and 2 pairs of loincloths[2] as my dowry.
When we arrived in the DRC, I found out that he had 3 wives and that I had become the fourth; he had children older than me. After a month, the three first wives didn’t want me on the plot of land. The husband abandoned me without any support. I went to see the village chief but there was a language barrier. Without any ration or means of survival, I started to cultivate for people so that I could eat. When my husband learned that I was working for someone, he would come and threaten them by saying that I was his wife and that no one could use me without his consent. I did not understand anything because everything was happening in a language I don’t understand. Many people were scared to give me work. One day, three men came to my unprotected home around midnight. They raped me one by one. One of them heard my screams in Kirundi – who was also Burundian – and asked his friends to let me live. He advised me to leave because my husband was planning to kill me. In the morning, the neighbours came to my rescue.
I didn’t tell anyone what happened to me that night – the rape – because according to our customs, if others find out that you have been raped, no one can marry you any longer. In light of these threats, the village chief brought me to his home and the police came to investigate. It was not easy to help me because I was in the DRC illegally, but they began to look for my husband. My life became very difficult because I had already sold all of the goods I had for survival, and those of my child. I asked the village chief to send me to Burundi. That cost more than $30, it was not easy.
One day, a women working at the health centre came to look for me and asked me to come to the health centre for a private meeting. I was scared, but when I arrived at the location, she welcomed me very kindly, she reassured me, but I was so emotional and the meeting couldn’t take place because of all my crying. She gave me a new meeting, and this time, I told her everything that happened beginning from Burundi. The nurse also saw me and I went to Sebele[3] for care. She helped me a lot, with counselling and visits, even though I don’t speak fluent Swahili. I would go and see her at the health center and one day she came with me to the police station to follow-up on the progress of my case and asked the police officer to facilitate my repatriation to Burundi.
She also recommended that I join a savings and credit group founded in the village so that I could receive a loan to conduct small business transactions. Through the group, I found something worth more than money: solidarity! I didn’t know that I could find such generous people by my side, especially during such hardship. I received a small loan of 16,000FC, which allows me to sell fry (12,000FC) and corn flour (4,000FC). I can’t starve to death anymore.
Mentally, I feel good, but I still need to return to my country to live with my mother.”

[1] Fizi territory includes four rural communities, 27 groups, 142 towns and 1,634 villages. The infrastructure is in poor condition, particularly for education, health, employment, transportation and recreation. The area lacks electricity and few households have access to potable water and proper sanitation.
[2] Clothing.
[3] Town in Fizi territory
Flores en la República Democrática del Congo
Flores en la República Democrática del Congo
La Floraison fue fundada en 2008 y su misión es movilizar, reunir y brindar apoyo a mujeres jóvenes activistas por los derechos humanos en el territorio de Fizi[1] –un área rural de la provincia de Kivu del Sur en la República Democrática del Congo– con el propósito de fomentar el bienestar social, cultural y económico de estas jóvenes. Su misión forma parte una visión más amplia para el surgimiento de un nuevo grupo de jóvenes preocupadas por su desarrollo y firmemente decididas a convertirse en agentes de progreso sociocultural y económico en su entorno. Así surgió el eslogan “Mujeres jóvenes al servicio de la comunidad”, que ha sido parte de la asociación desde su lanzamiento.
“Sacrifiqué todo mi tiempo para servir a las personas más vulnerables, en especial a las mujeres víctimas de violencia sexual”, Magdeleine Rusia Abwe, asistente psicosocial de uno de los proyectos de La Floraison.
La organización trabaja desde un enfoque al que denomina “Nuestra voz” y que incluye la concienciación y la información a través de una radio, un grupo de teatro y un periódico comunitarios, así como la incidencia y la movilización de recursos para los grupos de mujeres. ‘Nuestra voz’ es prueba de nuestro apoyo y compromiso con la construcción de un mundo sin violencia”, afirma Loy Honore, fundadora de La Floraison.
Un centro de atención para sobrevivientes de violencia sexual y de género
Desde hace tres años, La Floraison apoya la atención psicosocial y la reintegración socioeconómica de las mujeres y las niñas sobrevivientes de violencia sexual y de género en centros de salud de Nemba, Katenga y Rubana, en el territorio de Fizi. A través de los centros de atención, el proyecto busca informar a las comunidades sobre la violencia sexual contra las mujeres y las niñas, los servicios disponibles y los derechos de las mujeres y su implementación legal. La iniciativa se propone también asesorar a las víctimas, derivarlas a servicios médicos y de apoyo legal y asegurar su reintegración económica a través de las Asociaciones Aldeanas de Ahorro y Préstamo, a la vez que fortalece el activismo comunitario contra la violencia de género.
Además de documentar, asesorar, apoyar y derivar a las sobrevivientes de violencia sexual y de género, La Floraison media entre las sobrevivientes que han sido rechazadas y sus familias. Como complemento, el proyecto incluye la divulgación entre la comunidad sobre la violencia sexual y de género a través de la creación de comités de vigilancia y alerta, la resolución de conflictos sociales y comunitarios y la promoción y defensa de los derechos de las mujeres.
“A través del grupo encontré algo más valioso que el dinero: ¡la solidaridad!”
Una joven burundiana de 17 años sobreviviente de violencias y beneficiaria del apoyo de La Floraison, cuenta su historia:
“A los 15 años di a luz a mi primer hijo con un viejo buen cliente que le ofreció una vaca a mi madre. La brutalidad de ese viejo borracho –me propinaba golpizas y amenazas de muerte– no daban un momento de paz en el hogar. Volví a la casa de mi madre, pero ella no aprobó mi comportamiento. En octubre de 2013, un congoleño mucho mayor que yo, de más de 49 años, planteó la necesidad de llevarme con él a la República Democrática del Congo. Mi madre dio su permiso para el matrimonio sin consultarme y el pretendiente entregó 3 cabras y 2 pares de taparrabos[2] como dote.
Cuando llegamos a la RDC, descubrí que él tenía tres esposas y que yo me había converitdo en la cuarta; él tenía hijos mayores que yo. Al cabo de un mes las tres primeras esposas no me querían en la parcela de tierra. El esposo me abandonó sin ningún apoyo. Fui a ver al jefe de la aldea pero estaba la barrera del idioma. Sin comida ni medios de superviviencia, empecé a cultivar para otras personas para poder comer. Cuando mi esposo se enteraba de que yo estaba trabajando para alguien, venía y los amenazaba diciendo que yo era su esposa y que nadie podía usarme sin su consentimiento. Yo no entendía nada porque todo sucedía en un idioma que no comprendo. Muchas personas tenían miedo de darme trabajo. Un día, tres hombres llegaron a mi hogar desprotegido alrededor de la medianoche. Me violaron uno a uno. Uno de ellos oyó mis gritos en kirundi –él también era de Burundi– y le pidió a sus amigos que me dejaran vivir. Me aconsejó que huyera porque mi esposo planeaba matarme. Por la mañana, los vecinos vinieron a rescatarme.
No Ie dije a nadie lo que me había sucedido esa noche –la violación– porque de acuerdo con nuestras costumbres, si los demás saben que has sido violada, ya nadie querrá casarse contigo. A la luz de estas amenazas, el jefe de la aldea me llevó a su casa y la policía empezó a investigar. No era fácil ayudarme porque estaba en la RDC ilegalmente, pero empezaron a buscar a mi esposo. Mi vida se volvió muy difícil porque para sobrevivir había vendido todo lo que tenía, y también las cosas de mi hijo. Le pedí al jefe de la aldea que me enviara a Burundi. Eso costaba más de $30, y no era fácil.
Un día, una mujer que trabajaba en el centro de salud vino a verme y me dijo que fuera al centro de salud para una cita privada. Yo tenía miedo, pero cuando llegué al lugar, ella me recibió con mucha amabilidad, me reconfortó, pero yo estaba muy conmovida y la reunión no pudo tener lugar a causa de mi llanto. Me dio una nueva cita, y esa vez le conté todo lo sucedido desde el principio en Burundi. También me vio la enfermera y fui a Sebele[3] para que me atendieran. Ella me ayudó mucho, con asesoramiento y visitas, aunque yo no hablaba swahili fluidamente. Yo iba a verla al centro de salud y un día fue conmigo a la estación de policía para ver cómo iba mi caso y le pidió al funcionario policial que facilitara mi repatriación a Burundi.
Ella también me recomendó que me uniera a un grupo de ahorro y crédito fundado en la aldea ya que así podría recibir un préstamo y hacer pequeñas transacciones comerciales. A través del grupo encontré algo más valioso que el dinero: ¡la solidaridad! No sabía que podría encontrar personas tan generosas a mi lado, en especial durante momentos tan duros. Recibí un pequeño préstamo de 16.000FC, que me permite vender pescado (12.000FC) y harina de maíz (4.000FC). Ya no moriré de hambre.
Mentalmente me siento bien, pero todavía necesito regresar a mi país a vivir con mi madre”.

[1] El territorio de Fizi incluye cuatro comunidades rurales, 27 grupos, 142 pueblos y 1634 aldeas. La infraestructura es insuficiente, en especial para la educación, la salud, el empleo, el transporte y la recreación. El área carece de electricidad y pocos hogares tienen acceso a agua potable y a saneamiento adecuado.
[2] Vestimenta.
[3] Poblado en el territorio de Fizi
La Floraison en République démocratique du Congo
La Floraison en République démocratique du Congo
Créée en 2008, La Floraison se donne pour mission de mobiliser, consolider et appuyer les énergies de jeunes femmes activistes des droits humains dans le territoire de Fizi[1], zone rurale de la province du Sud-Kivu en République démocratique du Congo, afin d’améliorer leur bien-être social, culturel et économique. Sa mission s’inscrit dans le cadre d’une vision plus globale de l’éclosion d’une nouvelle catégorie de jeunes femmes soucieuses de leur développement et résolument engagées à être des actrices de progrès socioculturel et économique dans leur environnement. C’est ainsi qu’est né le slogan « Jeunes femmes au service de la communauté », porté par l’association depuis sa création
« Je me suis sacrifiée à passer tout mon temps au service des vulnérables et surtout des femmes victimes de violences sexuelles», Magdeleine Rusia Abwe, assistante psychosociale dans le cadre d’un des projets de La Floraison.
L’organisation utilise une approche qu’elle intitule « Notre voix », qui va de la sensibilisation et l’information via une troupe théâtrale, un journal écrit et des radios communautaires, au plaidoyer et à la mobilisation des ressources de groupements féminins. « « Notre voix » est la preuve de notre souci et de notre engagement vers un monde sans violence », dit Loy Honore, Fondatrice de La Floraison.
Une maison d’écoute pour les survivantes de violences sexuelles et basées sur le genre
Depuis trois ans, La Floraison appuie la prise en charge psychosociale et la réinsertion socioéconomiques des femmes et des filles qui ont survécu aux violences sexuelles et basées sur le genre, dans les aires de santé de Nemba, Katenga et Rubana, en territoire de Fizi. Dans le cadre d’une maison d’écoute, ce projet cherche à informer les communautés sur les violences sexuelles faites aux femmes et aux filles, les services disponibles, les droits des femmes et leur cadre légal d’exécution, ainsi qu’à fournir aux victimes un accompagnement, une orientation vers des services de soutien médical et juridique et assurer leur réinsertion économique à travers des Associations Villageoises d’Epargne et de Crédit (AVEC), tout en renforçant l’activisme communautaire contre les violences basées sur le genre.
En plus des activités d’identification, d’écoute, de soutien et d’orientation des survivantes de violences sexuelles et basées sur le genre, La Floraison assure une médiation entre les survivantes qui ont été rejetées et leurs familles. De façon complémentaire, le projet comprend des activités de sensibilisation communautaire sur les violences sexuelles et basées sur le genre, la création et le renforcement de Comités d’Alerte et de Surveillance, la résolution de conflits sociaux et communautaires et la consolidation d’un plaidoyer en faveur des droits des femmes.
« Au sein du groupe, j’ai trouvé quelque chose qui dépasse même l’argent : la solidarité ! »
Une survivante burundaise de la violence, âgée de 17 ans et bénéficiaire de l’assistance proposée par La Floraison, raconte son histoire :
« A 15 ans, j’ai mis au monde mon premier enfant avec un vieux et fidèle client qui a proposé une vache à ma mère. Le comportement brutal de ce vieux soulard – coups, menaces de mort – n’a pas permis une entente dans le foyer. Je suis rentrée à la maison mais ma mère n’a pas été satisfaite de ma réaction. En octobre 2013, un vieil homme congolais âgé de plus de 49 ans a voulu m’amener avec lui en RDC, ma mère a donné son accord pour me marier sans me demander mon avis et le prétendant lui a remis 3 chèvres et deux paires de pagnes[2] pour ma dot.
Quand nous sommes arrivés en RDC, j’ai trouvé qu’il avait 3 femmes et que j’étais devenue la quatrième ; il avait des enfants plus âgés que moi. Après un mois, les trois premières femmes n’ont pas accepté que je reste dans la parcelle agricole. Le mari m’a abandonnée sans aucun soutien. Je suis allée voir le chef de village mais la communication a posé problème en raison de la différence de langue. Sans ration ni moyen de survie, j’ai commencé à cultiver pour les gens pour que je puisse manger. Quand mon mari apprenait que je travaillais pour quelqu’un, il venait le menacer en disant que j’étais son épouse et que personne ne pouvait m’utiliser sans son consentement. Je ne comprenais rien car tout se passait dans une langue que je ne comprends pas. Plusieurs personnes avaient peur de me faire travailler. Un jour, trois hommes se sont introduits dans ma maison non protégée vers minuit. Ils m’ont violée à tour de rôle. L’un d’eux a entendu mes cris en Kirundi – il était aussi burundais – et a demandé à ses amis de me laisser en vie. Il m’a conseillée de partir car mon mari avait l’intention de me tuer. Le matin, les voisins sont venus à mon secours.
Je n’ai dit à personne ce qui m’est arrivée cette nuit – le viol – car selon nos coutumes, si l’entourage apprend que vous avez subi le viol, personne ne peut plus se marier avec vous. Au vu de ces menaces, le chef de village m’a installée chez lui et la police est venue faire des investigations. Ça n’a pas été facile de m’assister car j’étais installée illégalement en RDC, mais ils ont commencé à chercher mon mari. Ma vie était devenue très difficile car j’avais déjà vendu tous les biens que j’avais pour ma survie et celle de mon enfant. J’ai demandé au chef de village de me faire partir au Burundi, il fallait plus de 30$, ce n’était pas facile.
Un jour, une femme travaillant au centre de santé est venue me chercher et m’a demandé de venir au centre de santé pour un entretien en privé. J’avais peur, mais lorsque je suis arrivée sur le lieu, elle m’a très bien accueillie, elle m’a rassurée, mais l’émotion était si grande que les pleurs n’ont pas permis un entretien libre. Elle m’a donnée un nouveau rendez-vous et cette fois-là, je lui ai révélé tout ce qui m’est arrivée à partir du Burundi. L’infirmier m’a aussi reçu et je suis allée à Sebele[3] pour les soins. Elle m’a beaucoup aidée par des conseils et des visites, même si je ne parle pas convenablement le Swahili. Je passais la voir au centre de santé et un jour elle m’a accompagnée au poste de la police pour suivre le déroulement de mon dossier et a demandé à la police de faciliter mon rapatriement vers le Burundi.
Elle m’a aussi conseillée de rejoindre un groupe d’épargne et crédit créé dans le village pour que je puisse bénéficier du crédit pour me permettre de mener des petites activités commerciales. Au sein du groupe, j’ai trouvé quelque chose qui dépasse même l’argent : la solidarité ! Je ne savais pas que je pouvais trouver des personnes généreuses à mes côtés surtout pendant ces moments de dures épreuves. J’ai eu un petit crédit de 16000FC qui me permet de commercialiser les fretins (12000FC) et la farine de maïs (4000FC). Je ne peux plus mourir de faim.
Mentalement je me sens bien, mais j’ai encore besoin de regagner mon pays pour vivre avec ma mère. »

[1] Le territoire de Fizi comprend quatre collectivités rurales, 27 groupements, 142 localités et 1.634 villages. Ses structures de base sont en mauvais état, notamment pour l’éducation, la santé, l’emploi, les transports et les loisirs. La région n’est pas électrifiée et peu de ménages disposent d’un accès à l’eau potable et aux infrastructures hygiéniques appropriées.
[2] Vêtements.
[3] Localité du territoire de Fizi.
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Nilce de Souza Magalhães
Maria das Dores dos Santos Salvador
Benilda Valoria-Santos
Leyla Yıldızhan (Deniz Fırat)
Les défenseuses du Pacifique
Les trois défenseuses des droits humains de la région Pacifique auxquelles nous rendons hommage cette année ont travaillé dans les médias, fait campagne pour les droits des personnes handicapées ou plaidé en faveur des droits des femmes. Leur contribution restera irremplaçable et nous leur rendons honneur. Nous vous invitons à vous joindre à nous pour commémorer la vie de ces femmes, leur travail et l’héritage qu’elles nous ont laissé. Faites circuler ces mèmes auprès de vos collègues et amis ainsi que dans vos réseaux et twittez en utilisant les hashtags #WHRDTribute et #16Jours.
S'il vous plaît cliquez sur chaque image ci-dessous pour voir une version plus grande et pour télécharger comme un fichier


Rosalyn Albaniel Evara
2024: Renforcement des mouvements, soutenir le changement
La montée de la droite dans nombre de pays et le déluge de coupes dans les financements frappent durement la société civile de la Majorité mondiale ; le génocide en cours à Gaza, l’intensification des conflits violents au Soudan, la crise climatique à de nombreux endroits de notre planète : nous faisons face à des fascismes qui reviennent en force et un ordre mondial de l’impunité.
Téléchargez le rapport annuel 2024

Ensemble, nous pouvons construire un monde où la justice, la libération et la bienveillance ne sont pas des aspirations, mais des réalités.
9. Parlez-en au monde entier!
Les résultats de votre recherche façonneront également vos plaidoyers. Par exemple, vos résultats auront cerné les secteurs qui accordent le plus de financements et les secteurs qui vous semblent nécessiter une certaine sensibilisation auprès des donateurs.
Dans cette section
- Élaborez votre stratégie de plaidoyer
- Prenez contact avec votre réseau
- Adaptez votre stratégie au secteur
1. Organisations de droits des femmes
2. Agences bilatérales et multilatérales
3. Fondation privées
4. Fonds pour les femmes
5. Secteur privé et nouveaux donateurs
Élaborez votre stratégie de plaidoyer
Dans la section Établir le cadre de référence de votre recherche de cette boîte à outils, nous vous recommandons de fixer les objectifs que vous voulez atteindre à travers votre recherche. Ces objectifs vous permettront d’élaborer une stratégie de plaidoyer lorsque votre recherche sera terminée.
Une stratégie de plaidoyer représente un plan de distribution des résultats de votre recherche de manière à ce que vous atteigniez vos objectifs. Cette démarche s’inscrit dans le but plus vaste de promouvoir auprès des secteurs clés des changements positifs dans le domaine des ressources destinées aux efforts d’organisation liés aux droits des femmes.
À l’aide des objectifs définis dans le cadre de référence de votre recherche :
- Dressez la liste de tous les groupes qui pourraient éventuellement s’intéresser aux résultats de votre recherche.
- Pour chacun des groupes, expliquez en une phrase comment ils pourraient vous aider à atteindre vos objectifs.
- Pour chacun des groupes, indiquez le ton que vous devez utiliser lorsque vous parlez avec eux (formel, professionnel, commentaires à bâtons rompus, est-ce qu’ils comprennent le jargon du domaine ?).
- Dressez la liste de tous les médias qui vous permettent de rejoindre ces publics, sur un ton approprié (réseaux sociaux pour stimuler l’esprit communautaire, communiqués de presse pour les annonces officielles au grand public, etc.).
De cette liste, la plus complète possible, choisissez les éléments qui sont les plus efficaces pour atteindre vos objectifs (voir plus loin les exemples de publics spécifiques et les méthodes de plaidoyer).
Lorsque votre stratégie est achevée, vous pouvez commencer la diffusion.
Prenez contact avec votre réseau
Pour diffuser vos résultats, contactez d’abord les personnes ou les organisations à qui vous avez distribué votre sondage, ainsi que toutes les personnes interviewées.
- Premièrement, profitez de l’occasion pour les remercier de leur contribution à cette recherche.
- Partagez avec elles les principaux résultats et analyses du sondage.
- Facilitez la tâche de ceux et celles qui distribueront votre produit par le truchement de leurs réseaux, en leur offrant des exemples de tweets, de messages Facebook ou même une courte introduction qu’ils pourraient copier et coller dans leur site Web.
N’oubliez pas d’identifier clairement une personne-contact et demandez une confirmation lorsque le rapport aura été affiché.
Cela vous permettra non seulement de savoir qui a diffusé votre rapport, mais vous aurez aussi l’occasion de renforcer vos relations au sein de votre réseau.
Adaptez votre stratégie au secteur
À titre d’exemple, nous proposons ci-dessous une liste de secteurs que mobilise l’AWID dans ses efforts de plaidoyer.
- Utilisez cette liste comme point de part pour élaborer un plan de plaidoyer propre à chaque secteur.
- Fixez un objectif décrivant ce que vous espérez accomplir dans chaque secteur.
- Assurez-vous d’ajouter à cette liste tout secteur pertinent dans le cadre de votre recherche, notamment les ONG locales ou les gouvernements locaux.
La liste des organisations et des individus qui vous ont conseillé-e-s sera également utile. Ces personnes peuvent non seulement vous aider à diffuser votre rapport dans divers espaces, mais aussi vous faire connaitre de nouvelles organisations ou sphères de plaidoyer.
1. Organisations de droits des femmes
Exemple d’objectifs : informer les organisations de droits des femmes des nouvelles tendances de financement ; à l’aide des résultats de la recherche, proposer des séances de réflexion sur les efforts collaboratifs en matière de mobilisation des ressources ; influencer la manière dont elles approchent la mobilisation des ressources.
Exemples de méthodes de plaidoyer :
-
Offrez des séminaires, des cafés d’apprentissage ou d’autres activités dans toute votre région, dans la langue qui convient, sur les résultats de votre recherche.
-
Si vous ne pouvez atteindre tout le monde physiquement, pensez à organiser un webinaire et à concevoir des présentations en ligne.
-
Présentez vos résultats lors de rencontres d’envergure, comme les sessions de la Commission de la condition de la femme des Nations Unies (CSW).
-
Au-delà des bulletins et sites Web de votre organisation, rédigez des articles sur diverses plateformes que fréquente votre public cible.
Exemples : World Pulse, OpenDemocracy (principalement en anglais), feministing (en anglais).
2. Agences bilatérales et multilatérales
Exemple d’objectif : sensibiliser le public à la manière dont les financements actuels ne respectent pas les engagements convenus et à la manière dont ce secteur doit améliorer ses mécanismes de financement soutenant les efforts d’organisation liés aux droits des femmes.
Déterminez les agences bilatérales et multilatérales qui ont le plus d’influence sur les financements, y compris les ambassades locales.
Exemples de méthodes de plaidoyer :
- Recrutez des organisations et des individus alliés et influents (peut-être ceux et celles qui vous ont conseillé-e-s lors de cette recherche) afin qu’ils organisent des activités de sensibilisation.
- Sollicitez leur appui pour diffuser vos résultats auprès de grandes agences multilatérales (comme les Nations Unies).
- Présentez vos travaux et/ou participez à des rencontres dans des espaces que fréquentent les agences bilatérales et multilatérales, notamment GENDERNET.
- Publiez des articles dans les sites et publications que consultent les agences bilatérales et multilatérales, comme devex, Better Aid, Publish What You Pay.
3. Fondations privées
Exemple d’objectif : Améliorer la qualité et la quantité de soutien aux organisations de droits des femmes.
Exemples de méthodes de plaidoyer :
- Présentez vos résultats ou participez à des activités menées par des fondations privées.
- Approchez les fondations privées par le truchement de groupes d’appartenance comme l’International Human Rights Funders Group ou le African Philanthropy Network (sites en anglais). Proposez des sessions dans le cadre de leurs activités.
- Contactez des alliances d’octroi de subventions qui sont progressives, comme EDGE Funders, pour la diffusion de vos résultats et d’éventuelles présentations.
- Publiez des articles dans les sites et publications que consultent les bailleurs de fonds privés, comme The Chronicle of Philanthropy et Alliance Magazine (sites en anglais).
4. Fonds pour les femmes
Exemple d’objectif : Les encourager à poursuivre leur travail à plus grande échelle.
Exemples de méthodes de plaidoyer :
- Organisez des présentations destinées aux fonds pour les femmes de votre région et dans les pays que vous souhaitez influencer.
- Diffusez les résultats de votre recherche à tous les fonds pour les femmes qui ont un impact sur la région, les questions prioritaires ou la population sur lesquelles votre recherche est axée.
- Pensez à organiser des efforts conjoints, selon les résultats de la recherche. Vous pourriez par exemple proposer de collaborer avec un fonds pour mettre en place une subvention qui permettrait de combler les écarts de financement constatés dans votre recherche.
5. Secteur privé et nouveaux donateurs
Exemple d’objectif : Améliorer leur compréhension du domaine et les encourager à renforcer la cohérence entre leurs intérêts philanthropiques et leurs pratiques commerciales.
Exemples de méthodes de plaidoyer :
- Recrutez des organisations et des individus alliés et influents (dont certains font sans doute partie de ceux et celles qui vous ont conseillé-e-s lors de ce processus de recherche) afin qu’ils organisent des activités de sensibilisation des pairs.
- Suscitez des rencontres avec les acteurs et actrices influents du secteur privé pour y présenter les résultats de votre recherche.
- Organisez votre propre rencontre en invitant les acteurs et actrices du secteur privé afin de partager les résultats de votre recherche et de promouvoir votre position.
Assurez-vous d’adapter vos présentations, propositions et vos demandes à chaque groupe ciblé.
Étape précédente
8. Finalisez et mettez en forme
Êtes-vous prêts-tes à commencer votre propre recherche ?
Nous vous recommandons fortement de rempli vous-même la Fiche de travail « Êtes-vous prêts-tes ? » afin d’évaluer votre propre niveau de préparation.

Temps étimsé :
• 1-2 ans, selon votre plan de plaidoyer
Personnel requis :
• 1 personne (ou plus) responsable de la communication
Ressources requises :
• Liste des espaces de publication
• Liste de blogs et de magazines en ligne où vous pourrez publier des articles à propos de vos résultats de recherche
• Liste de vos conseillers-ères
• Vos produits de recherche WITM
Ressources disponibles :
• Exemple : Plan des activités de plaidoyer
Étape précédente
8. Finalisez et mettez en forme
Êtes-vous prêts-tes ?
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Abby Lippman
Abby était une féministe pionnière, militante des droits humains.
Ancienne épidémiologiste de l'Université McGill, Abby était réputée pour défendre les causes sociales et pour ses critiques perspicaces concernant les technologies de procréation humaine assistée et d'autres sujets médicaux. Plus précisément, elle a fait campagne contre ce qu'elle a appelé la « généticisation » des technologies de procréation, contre l'hormonothérapie substitutive et pour des recherches plus qualitatives et plus longues avant l'approbation de nouveaux vaccins comme celui contre le papillomavirus humain.
À la nouvelle de son décès, ses ami-e-s et collègues l'ont décrite avec affection comme une « ardente défenseure » de la santé des femmes.
Salome Chagelishvili
Salome est une activiste féministe originaire de Tbilisi, Géorgie, qui se consacre à la justice de genre et sociale. Titulaire d’une Maîtrise en études sur le genre, elle s’est impliquée auprès de mouvements féministes, queers et écologiques au cours des neuf dernières années, travaillant entre autres sur les questions de la violence liée au genre, la violence domestique, la santé sexuelle et reproductive et les droits afférents, les droits LGBTIQ et la sécurité et les droits holistiques et numériques.
Depuis 2014, elle travaille activement sur les questions de sécurité et de sûreté des activistes et des femmes défenseures des droits humains, organisant des ateliers sur la sécurité intégrée et la sécurité numérique spécialement pour les activistes de groupes défavorisés (personnes homosexuelles, minorités ethniques et religieuses, femmes et filles rurales, etc.) ainsi que pour de grandes organisations féministes. Salome est membre de l’Independent Group of Feminists (Groupe indépendant de féministes)- une initiative non-formelle, non hiérarchique et non enregistrée qui réunit des féministes géorgiennes ayant différents parcours. Elle travaille actuellement avec le Fonds pour les femmes de Géorgie, où elle est pleinement impliquée dans la construction de mouvements de femmes/féministes, tout en offrant un financement féministe et encourageant la philanthropie féministe locale.
Sept recommandations politiques féministes pour stopper les flux financiers illégaux
La domination croissante des marchés financiers internationaux et des institutions dans la définition des politiques économiques mondiales a pour effet de confisquer le pouvoir des personnes dans l’intérêt des élites mondiales et des grandes entreprises.
Notre rapport sur les flux financiers illégaux explore leur impacts disproportionnés sur la justice de genre. Il expose les cadres politique et juridique qui permettent aux entreprises de jouir d'abus fiscaux au détriment des personnes et de la planète.
Le rapport conclut avec ces sept recommandations politiques féministes pour demander plus de transparence et de responsabilité des entreprises afin de stopper les flux financiers illégaux.
Nos recommandations stratégiques :
Les flux financiers illicites attirent une attention sans précédent, par exemple dans le cadre de négociations sur le développement autour du Programme de développement à l’horizon 2030 ou lors de la Conférence sur le financement du développement d’Addis-Abeba en 2015. Ils font également les gros titres dans les médias traditionnels avec la diffusion de documents concernant des opérations financières offshore ayant fait l’objet de fuites, une affaire connue sous le nom des « Panama Papers ».
Pour donner un autre exemple, lors d’un référendum en février 2017, le peuple équatorien a voté pour empêcher les politiciens et les fonctionnaires de posséder des actifs, des entreprises ou des capitaux dans des paradis fiscaux. Le gouvernement équatorien est maintenant une voix de premier plan au sein du G77, aux Nations Unies, en faveur de la création d’un organisme fiscal mondial de l’ONU pour mettre un terme aux paradis fiscaux.
Ce coup de projecteur constitue potentiellement une opportunité pour les féministes, les mouvements sociaux et les défenseur-euse-s de la justice fiscale de faire pression en faveur de la transformation du système financier mondial qui renforce les inégalités au niveau mondial, y compris les inégalités de genre.
Nous proposons ci-dessous sept revendications politiques pour contribuer aux actions de plaidoyer des féministes et des activistes oeuvrant en faveur de la justice sociale, des droits des femmes et de l’égalité de genre :
1. Les FFI constituent une violation des droits humains et des droits des femmes :
- Les flux financiers illicites entravent le respect de l’obligation qu’ont les États de mobiliser les ressources maximales disponibles pour la réalisation des droits humains, en ce compris les engagements pris de longue date concernant les droits des femmes et l’égalité de genre.
- Le renforcement de la responsabilité des entreprises est une option qui se trouve sur la table du Conseil des droits de l’homme de l’ONU. Un groupe de travail intergouvernemental à composition non limitée a été constitué pour élaborer un instrument international juridiquement contraignant dans le cadre du droit international relatif aux droits humains pour réglementer les activités des sociétés transnationales et autres entreprises commerciales. Ce processus a le potentiel de faire reconnaître l’évasion fiscale des entreprises comme violation des droits humains, y compris les droits des femmes, et devrait être davantage soutenu par les pays du Nord et du Sud.
2. S’assurer que les multinationales paient leur part :
- Développer des mécanismes internationaux qui freinent les pratiques fiscales abusives et empêchent les exonérations fiscales des entreprises. Les États membres de l’ONU devraient engager des négociations pour rédiger une convention des Nations Unies pour lutter contre les pratiques fiscales abusives. La convention devrait inclure un régime de consolidation et de répartition fiscales pour imposer les bénéfices globaux des entreprises.
- Revoir en particulier les réglementations nationales dans les pays riches qui permettent aux multinationales de payer leurs impôts dans le pays où elles sont domiciliées plutôt que dans le pays où elles exercent leur activité économique. Cette pratique affecte particulièrement les pays en développement, car les bénéfices imposables leur échappent de plus en plus, face à des juridictions à faible taux d’imposition ou non taxées.
Des propositions comme le système de taxation unitaire devraient être prises en considération à cet égard.
3. Soutenir la création d’une instance fiscale intergouvernementale aux nations unies :
- Une instance fiscale au sein des Nations Unies, dotée de droits de vote égaux et d’adhésion universelle devrait avoir le pouvoir d’examiner les politiques fiscales nationales, régionales et mondiale et de veiller à ce que les États respectent les engagements convenus depuis longtemps dans le domaine des droits humains, y compris les droits des femmes et l’égalité de genre.
4. Promouvoir la transparence et la collecte de données sensibles au genre :
- Des efforts accrus doivent être accomplis au niveau mondial pour affiner des données comparables sur la fraude fiscale, comme par exemple des données ventilées selon le genre qui montrent les impacts différenciés selon le genre qui sont spécifiques à certains systèmes fiscaux.
- Les pays doivent adopter un cadre qui assure l’échange automatique de données, ce qui garantirait un accès public et global à des informations essentielles qui illustrent comment certaines pratiques affectent les ressources disponibles pour la réalisation des droits humains.
- Mettre en oeuvre l’obligation pour les multinationales de divulguer publiquement, dans le cadre de leurs rapports annuels, les bénéfices réalisés et les taxes payées dans chaque pays dans lequel elles opèrent.
- Parmi les autres informations financières qui doivent être accessibles, il doit y avoir une plus grande coopération entre les gouvernements concernant le partage de leurs registres publics nationaux qui révèlent l’identité des véritables propriétaires des sociétés, fiduciaires, fondations et autres structures juridiques du même type.
5. Promouvoir la justice fiscale au niveau national par des politiques fiscales progressives :
- Promouvoir la justice fiscale par des politiques fiscales progressives. Cela nécessite d’augmenter le poids des taxes directes sur le revenu du capital et sur les secteurs hautement rentables de la société, tout en réduisant et en supprimant le fardeau qui pèse sur les femmes et les personnes pauvres. Les segments pauvres de la société, où les femmes sont surreprésentées, ne devraient pas payer plus d’impôts par rapport à leurs revenus que les segments les plus riches qui bénéficient souvent de subventions fiscales, de congés fiscaux et autres réductions fiscales.
- Les gouvernements doivent examiner de manière critique les accords de commerce et d’investissement néfastes qui accordent des incitations et des exemptions fiscales qui perpétuent les inégalités et les préjugés liés au genre.
6. Assurer une large participation des organisations de défense des droits des femmes, des mouvements sociaux et de la société civile progressiste :
- Les décisions en matière de politiques économiques et fiscales manquent souvent de perspective sensible au genre. Les interactions entre le ministère des finances et le ministère qui s'occupe de l'égalité de genre et avec la société civile et les défenseur-euse-s des droits humains, sont essentielles pour mieux comprendre l’incidence qu’ont les décisions relatives aux recettes sur les droits des femmes et l’égalité de genre.
- Un environnement favorable devrait être mis en place pour protéger les défenseuses des droits humains et celles et ceux (lanceuses et lanceurs d'alerte, activistes pour la justice fiscale) qui dénoncent les abus fiscaux et documentent les affaires de corruption.
7. Faire cesser les activités criminelles liées aux FFI qui s’exercent en toute impunité et garantir que leurs auteurs aient à répondre de ces actes :
- Mettre en place un mécanisme coordonné au niveau mondial entre les autorités fiscales nationales, les organismes pour les droits humains et l’égalité de genre et les agences de renseignement, afin d’assurer que les activités criminelles associées aux FFI cessent de se poursuivre en toute impunité.
- Renforcer les systèmes judiciaires nationaux et mondiaux pour responsabiliser les personnes morales et physiques qui financent des activités criminelles par l’entremise des FFI.


