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© Adolfo Lujan | Flickr (CC BY-NC-ND 2.0)

Tanzanie: Acharnement policier contre Imelda Urio et 35 autres défenseur-ses des droits humains

Agir

La défenseuse des droits humains Mme Imelda Urio et 35 autres membres du Tanzanian Civil Society Election Consortium (TACCEO) sont victimes d'acharnement policier.


Ils devaient être interrogés le 10 novembre 2015 pour la 3e fois, après avoir été convoqués pour avoir soi-disant violé la loi de 2015 sur les cybercrimes en Tanzanie.

Imelda Urio et les 35 autres défenseur-ses des droits humains sont membres de TACCEO, une équipe d'observateurs d'élections créée pour surveiller le processus électoral tanzanien en 2015. TACCEO est actuellement hébergé par le secrétariat du Legal and Human Rights Centre (LHRC), une organisation qui offre une aide juridique et sensibilise à la question des droits humains au sein de la société civile tanzanienne, par le biais de l'éducation au thème des droits humains, de la recherche et du suivi. Imelda Urio est actuellement directrice par intérim du LHRC.

Le 6 novembre 2015, les 36 défenseur-ses des droits humains ont été convoqués à un interrogatoire au poste de police central de Dar Es-Salaam pour la seconde fois. Ils ont été interrogés pendant près de huit heures. L l'interrogatoire portait principalement sur les termes de l'accord passé entre TACCEO et NEC (commission électorale) relatif au droit d'agir en tant qu'observateur électoral et sur la violation de la section 16 de la loi sur les cybercrimes. La police prétend que TACCEO a agi en violant ladite loi. Les défenseur-ses des droits humains ont été remis en liberté plus tard, mais de nouveau convoqués dans le cadre de l'enquête.

Les 36 défenseur-ses des droits humains ont été arrêtés le 29 octobre 2015 puis libérés sous caution le jour même. Vers 14h30, la police nationale est entrée dans le centre d'observation des élections TACCEO à Kawe Beach, à Dar Es-Salaam, et a fouillé les lieux pendant près de cinq heures. Après un long interrogatoire, les 36 défenseur-ses des droits humains ont été arrêtés et du matériel de bureau et personnel a été saisi, dont 3 ordinateurs portables, 24 ordinateurs de bureau, 25 téléphones fixes et 36 téléphones portables. Malgré leur libération sous caution, à ce jour, aucun équipement de bureau ou personnel n'a été restitué aux défenseur-ses des droits humains.

Dans une déclaration publiée le 9 novembre 2015, les chefs de plusieurs missions diplomatiques de l'ONU en Tanzanie ont fait part de leurs préoccupations quant à l'arrestation des observateurs des élections et la saisie de leur matériel. Ils ont rappelé que le gouvernement de la République Unie de Tanzanie s'est engagé à faire appliquer la loi de 2015 sur les cybercrimes tout en respectant les libertés fondamentales. D'après les diplomates, le harcèlement contre les 36 observateurs d'élections montre clairement que le gouvernement ne respecte pas cet engagement.

Front Line Defenders est profondément préoccupée par l'acharnement policier contre TACCEO et ses membres. Front Line Defenders pense que l'arrestation puis la libération des 36 défenseur-ses des droits humains et membres de l'équipe d'observation des élections, ainsi que la saisie de leur matériel, visait à les décourager de mener à bien leur travail légitime et pacifique en faveur des droits humains et de la bonne gouvernance.

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