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© Adolfo Lujan | Flickr (CC BY-NC-ND 2.0)

Malaisie: Quatre défenseur-ses des droits humains sous le coup d'une interdiction de voyager

Agir

Le 23 juillet 2015, quatre défenseur-ses des droits humains, Mme Datuk Ambiga Sreenevasan, Mme Maria Chin Abdullah, M. Hishamuddin Rais et M. Adam Adli Abdul Halim.Halim ont ont été placés sous le coup d'une interdiction de voyager.

Maria Chin Abdullah est présidente de Bersih, une coalition d'ONG qui plaide en faveur de réformes au sein de l'actuel système électoral en Malaisie, afin de garantir des élections libres et équitables. La coalition comprend des organisations de défense des droits humains telles que National Human Rights Society, Sister in Islam, Suaram, Trade Union Congress et Women's Development Collective. Fondée en 2006, la coalition a organisé trois rassemblements pour appeler à un processus électoral transparent dans le pays, et sensibiliser le public à la question des irrégularités au sein du système électoral.

Datuk Ambiga Sreenavasan travaille pour le comité exécutif de Women's Aid Organisation et participe au conseil du barreau du comité spécial sur les droits des peuples autochtones. En 2009, elle a reçu le Prix américain International Women of Courage.

Hishamuddin Rais est réalisateur de films et défenseur des droits humains. En 2013, il avait été accusé de sédition après avoir participé à une manifestation contre les résultats contestés des élections. La cour l'avait reconnu coupable et l'avait condamné à 5000 ringgits (1314 $US).

Adam Adli Abdul Halim milite pour la protection des droits des étudiants et la liberté universitaire. Il a aussi participé à la manifestation de 2013 et a été condamné à un an de prison le 19 septembre 2014 pour sédition. Il a été libéré sous caution et a fait appel du verdict. Malgré le verdict, il pouvait voyager librement.

Bien que la Malaisie ait une société civile dynamique, l'espace politique reste largement contrôlé par la même élite dirigeante depuis l'indépendance en 1957. L'élection de 2013 a été un tournant important lorsque les Malaisiens ont pris les rues pour manifester contre l'élite politique bien établie, et contre la loi sur la sécurité intérieure (ISA), adoptée en 1960 pour faire taire les dissidents et surveiller la société.

De nouvelles mesures ont ensuite été adoptées et sont désormais utilisées sans détour; elles cherchent essentiellement à reproduire l'impact de l'ISA. L'une de ces mesures est l'introduction de la loi sur la prévention du terrorisme (POTA), qui est similaire à la législation sur la lutte contre le terrorisme dans de nombreux pays à travers le monde, donnant à l'État des pouvoirs extraordinaires pour enquêter et surveiller. La seconde est une reprise de la loi sur la sédition, introduite pour la première fois en 1959, mais rarement utilisée jusqu'à récemment. Comme de nombreux gouvernements répressifs, les dirigeants malaisiens utilisent des bouts de loi sur la "sécurité" pour s'en prendre aux défenseur-ses des droits humains.

Le 23 juillet 2015, Datuk Ambiga Sreenevasan, Maria Chin Abdullah, Hishamuddin Rais et Adam Adli Abdul Halim ont été informés que s'ils souhaitaient voyager, ils devraient en informer le département de l'immigration le plus proche. Le département de l'immigration a informé Datuk Ambiga qu'elle ne pourrait plus se rendre dans l'est de la Malaisie. Elle s'était rendue à l'étranger le mois précédent et n'a toujours pas été informée des raisons de cette interdiction de voyager.

Peu avant, Maria Chin Abdullah n'avait pas été autorisée à entrer à Sabah et, Datuk Ambiga avait été informée que son nom est inscrit sur une liste noire de l'immigration à Sabah et à Sarawak, lorsqu'elle a tenté de se rendre dans ces États respectivement en novembre 2014 et en 2011.

Front Line Defenders fait part de ses inquiétudes concernant l'interdiction de voyager imposée à Datuk Ambiga Sreenevasan, Maria Chin Abdullah, Hishamuddin Rais et Adam Adli Abdul Halim, car cela semble directement lié à leur travail légitime en faveur des droits humains en Malaisie.

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