Engagez-vous

Participer à des actions urgentes mondiales, trouver des emplois, des annonces, des événements, des webinaires et plus

Devenir membre

© Adolfo Lujan | Flickr (CC BY-NC-ND 2.0)

Inde: La défenseuse des droits humains Teesta Setalvad continuellement harcelée

Agir

Le 26 juin 2015, le ministère indien de l'Intérieur (MHA) a décidé de déférer la défenseuse des droits humains Mme Teesta Setalvad et son mari M. Javed Anand, devant le Bureau central d'investigation (CBI) pour une enquête.

Ce dernier geste accentue la pression sur la défenseuse des droits humains, alors qu'elle tente de poursuivre son travail légitime en faveur des droits humains. Les enquêtes contre Teesta Setalvad, qui semblent avoir des motifs politiques, ont commencé en janvier 2014, et ont conduit à un acharnement continu et des enquêtes systématiques sur les comptes de son ONG, ainsi qu'à des accusations infondées de non-coopération.

Teesta Setalvad est journaliste et fondatrice du Sabrang Trust et de Citizens for Justice and Peace (CJP). Sabrang Trust a été créé après les violences communautaires de Mumbai en 1992-1993; l'organisation œuvre en faveur de la résolution de conflit et soutient les efforts de paix. CJP a été créé en avril 2002, au lendemain des émeutes de Gujarat, dans le but d'apporter une aide juridique aux survivants de ces émeutes, et a joué un rôle crucial pour parvenir à l'inculpation de 117 personnes coupables de violences. Narendra Modi, Premier ministre depuis 2014, était chef du gouvernement de l’État de Gujarat au moment des émeutes, et a été critiqué pour sa conduite à cette période.

Le 26 juin 2015, le ministère indien de l'Intérieur a décidé que l'enquête ouverte contre Teesta Setalvad et son mari serait menée par le Bureau central d'investigation et traitée comme une affaire criminelle. Le CBI est responsable des enquêtes sur les crimes graves en Inde. La décision d'accorder au CBI le pouvoir d'enquêter sur les fonds étrangers reçus par l'ONG de Teesta Setalvad sans enregistrement ou sans autorisation, a été prise en vertu de la loi de 2010 sur la règlementation des contributions étrangères. Le ministère a pris cette décision sans accord de la justice et malgré les procédures en cours devant la Cour suprême concernant des allégations de contrefaçons et d'infraction criminelle contre la défenseuse; la prochaine audience de cette affaire est prévue le 7 juillet 2015.

Depuis le début des enquêtes sur Teesta Setalvad, son mari et son organisation en janvier 2014, les comptes en banque de Sabrang Communication and Publishing Private Limited (SCPPL) sont gelés et les enquêteurs ont ordonné à la banque de ne plus autoriser d'autres crédits ou retraits de fonds étrangers sur ces comptes sans son autorisation. Teesta Setalvad est continuellement accusée de ne pas coopérer à l'enquête, bien qu'elle ait plusieurs fois fait part de sa volonté de coopérer pleinement, et qu'elle ait aidé l'équipe d'enquêteurs pendant l'inspection détaillée de la comptabilité du CJO et de Sabrang Trust, qui a eu lieu entre le 6 et le 8 avril 2015.

Cet acharnement a lieu dans le cadre de poursuites plus vastes intentées contre Teesta Setalvad et son mari et basées sur le détournement présumé de fonds destinés à la construction d'un mémorial pour les victimes des émeutes de Gujarat en 2002.

Front Line Defenders est préoccupée par les dernières mesures adoptées par les autorités dans le cadre de l'enquête contre Teesta Setalvad, car il semble que le transfert de l'affaire devant le CBI vise à intensifier le harcèlement contre la défenseuse et à l'empêcher de mener à bien son travail légitime en faveur des droits humains

Agir

Partage