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© Adolfo Lujan | Flickr (CC BY-NC-ND 2.0)

Colombie: Menaces de mort contre la défenseuse des droits humains Mme Nicolasa Díaz Ortiz

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Le 23 juillet 2015, la défenseuse des droits humains Mme Nicolasa Díaz Ortiz a reçu deux appels téléphoniques anonymes chez elle, dans lesquels elle a été menacée de mort.

Nicolasa Díaz Ortiz est directrice de l'Asociación de niños y Jóvenes Casa Taller las Moyas, une organisation communautaire basée dans le quartier de San Luis Nororiental Chapinero à Bogotá. L'organisation a été ouverte dans le but de fournir aux enfants et aux jeunes un lieu pour étudier et participer à d'autres activités étant donné le manque d'espaces sociaux dans le quartier. Nicolasa Díaz Ortiz est aussi membre fondateur et membre du conseil d'administration de l'Asociación para la Investigación y Acción Social (NOMADESC), une organisation qui vise à donner une voix aux communautés rurales isolées exposées de risques de déplacement et qui promeut l'intégration, le renforcement des capacités communautaires et le développement en Colombie.

Le 23 juillet 2015, la défenseuse des droits humains a reçu deux appels anonymes sur son téléphone fixe à 21h43 et 21h46. Au premier appel, un inconnu qui déformait sa voix l'a insultée. Au second appel, un inconnu dont la voix n'était pas déformée, a directement menacé sa vie et déclaré "estamos llamando de la funeraria San Gabriel y queríamos decirle que hemos vigilado su casa y sabemos que se va a morir pronto" (Nous sommes chez les pompes funèbres de San Gabriel et nous voulons vous informer que nous surveillons votre maison et que vous allez bientôt mourir). La ligne téléphonique de la maison de Nicolasa Díáz Ortiz était hors service depuis deux mois et venait tout juste d'être réparée le 23 juillet, le jour où elle a reçu ces appels menaçants.

La défenseuse a déjà été menacée ces derniers mois. Le 16 mai 2015, un groupe d'inconnu a pénétré par effraction dans la Casa Taller. L'incident a été signalé à la police et des membres du Comandos de Atención Inmediata – CAI ont été envoyés sur place. Cependant, ils n'ont pas effectué d'analyse des lieux et ils ont simplement conseillé à Nicolasa Díaz de mieux sécuriser la propriété et de porter plainte.

Après les plaintes de plusieurs organisations qui soutiennent Casa Taller, le Colonel Raúl Verá Moreno a été chargé de l'affaire. Le 17 mai 2015, le Colonel a visité l'organisation et a enquêté avant d'organiser plusieurs fouilles dans des propriétés avoisinantes. Cette nuit-là à 23h, Raúl Verá Moreno est arrivé chez Nicolasa Díaz Ortiz accompagné de deux voitures de patrouilles et trois motos. Ils avaient un suspect et ont demandé à Nicolasa Díaz,Ortiz de l'identifier. La défenseuse s'est donc retrouvée dans une position où elle risque des représailles. On ignore pourquoi la police n'a pas effectué une séance d'identification anonyme au poste de police. Les 18 et 19 mai d'autres recherches ont eu lieu sur ordre du colonel Verá Moreno. Le 13 juin 2015, une plainte a été déposée contre lui pour plusieurs irrégularités au cours de l'enquête, notamment pour avoir exposé le témoin au risque de représailles.

En 2004, la Commission interaméricaine des droits de l'Homme (CIDH) a accordé des mesures de sécurité préventives à Nicolasa Díaz Ortiz et d'autres membres du conseil de NOMADESC en raison des menaces proférées contre eux. En dépit de leurs tentatives pour que l'État mette en place des mesures de précaution, aucun des membres du conseil n'est protégé.

Front Line Defenders pense que ces menaces de mort proférées contre Nicolasa Díaz Ortiz ont un lien avec son travail en faveur des droits humains. Front Line Defenders est profondément préoccupée par l'intégrité physique et psychologique de Nicolasa Díaz Ortiz, ainsi que d'autres membres de l'Asociación de niños y Jóvenes Casa Taller las Moyas et de NOMADESC.

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