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© Adolfo Lujan | Flickr (CC BY-NC-ND 2.0)

Colombie: La défenseuse des droits humains Claudia Julieta Duque et son avocat harcelés à l'approche du procès du DAS

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La journaliste et défenseuse des droits humains Mme Claudia Julieta Duque est la cible d'actes d'intimidation et de harcèlement de plus en plus importants, à l'approche du procès qui l'oppose à des membres du Departamento Administrativo de Seguridad – DAS (Département administratif de sécurité), et qui s'ouvrera le 24 juin. D'anciens hauts membres du DAS seront jugés pour torture psychologique aggravée à l'encontre de la défenseuse.

Claudia Julieta Duque est journaliste et travaille comme correspondante pour l'organisation de défense des droits humains Equipo Nizkor et Radio Nizkor en Colombie. Elle a dénoncé plusieurs violations des droits humains telles que les disparitions forcées, les recrutements forcés d'enfants dans des groupes armés affiliés à l'État ou non, les meurtres et l'impunité, ainsi que l'infiltration des agences gouvernementales par des groupes paramilitaires. Elle était membre de la Federación Colombiana de Periodistas – Fecolper (Fédération colombienne des journalistes) et du conseil de direction de l'Unión de Periodistas de Bogotá – UPB (syndicat des journalistes de Bogota). Elle est membre honoraire du National Union of Journalists of the United Kingdom and Ireland (syndicat national des journalistes du Royaume-Uni et d'Irlande), et de l'International Federation of Journalists (IFJ). Elle a reçu le Prix pour la liberté de la presse décerné par Reporters sans frontières-Suède, le prix International Women's Foundation Courage in Journalism et l'Ilaria Alpi Courage. En 2011, Newsweek l'avait classée parmi les 10 femmes journalistes les plus en danger dans le cadre de leur métier, et le Daily Beast l'a nommée parmi les 150 femmes les plus remarquables dans le monde. En 2014, Reporters sans frontières l'a classée parmi les "100 héros de l'information".

Lors du dernier acte d'intimidation, le 16 juin 2015, la voiture dans laquelle Claudia Julieta Duque circulait a été suivie par une moto et un taxi, dans le quartier des Cours pénales spéciales à Bogotá. La surveillance de la défenseuse n'a pris fin que lorsque la moto a réalisé que Claudia Julieta Duque était accompagnée par des membres des Brigades internationales de la paix. Cet acte de harcèlement a eu lieu alors que Claudia Julieta Duque a été informée qu'elle est la cible d'une attaque directe. L'attaque aurait été préparée en représailles à la décision du procureur général d'activer une nouvelle enquête sur le meurtre du journaliste, M. Jaime Garzón. Claudia Julieta Duque parle de ce meurtre depuis 2001, et notamment du rôle de hauts membres du DAS. Cette avancée dans l'affaire découle des conclusions de Claudia Julieta Duque, comme quoi l'enquête officielle sur le rôle du DAS dans ce meurtre n'a jamais été menée.

De plus, depuis plusieurs jours, la famille de M. Victor Velasquez, avocat de la journaliste, est la cible d'appels téléphoniques menaçants, dans lesquels un inconnu fait référence à de précédents messages d'intimidation reçus en avril 2014 et de nouveau en janvier 2015.

En mars et janvier 2015, la défenseuse et son avocat ont été suivis par des inconnus dans plusieurs parties de Bogotá. En décembre 2014, Claudia Julieta Duque et sa fille ont reçu un appel d'un homme se faisant faussement passer pour un membre de l'unité nationale de protection (UNP), qui met en place les mesures pour protéger la défenseuse et sa famille. L'inconnu a cité tous les détails du plan de sécurité mis en place par l'UNP pour la protection de sa famille.

Claudia Julieta Duque est la cible d'intimidation, harcèlement, menaces et surveillance depuis 2001 et le début de ses recherches sur le meurtre de Jaime Garzón, en 1999. Elle a été victime d'un enlèvement, d'une tentative de meurtre, de multiples menaces de mort qui l'ont contrainte à s'exiler, et d'une surveillance illégale permanente, d'intimidation et de harcèlement psychologique, y compris des menaces contre sa fille proférées par des agents de l'État dont le DAS.

Le 24 juin 2015 a débuté le procès de José Miguel Narváez, ancien directeur adjoint du DAS et directeur de son unité spéciale G3, ainsi que de Giancarlo Auqué de Silvestri et Enrique Alberto Ariza Rivas, deux anciens directeurs des renseignements, accusés de tortures psychologiques aggravées à l'encontre de Claudia Julieta Duque.

Front Line Defenders est préoccupée par les récentes menaces et les actes de harcèlement contre Claudia Julieta Duque., ainsi que le risque élevé auquel elle est exposée dans le contexte de l'ouverture du procès d'anciens membres du DAS, car il semble que cela soit des actes d'intimidation perpétrés contre elle pour la réduire au silence.

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