Engagez-vous

Participer à des actions urgentes mondiales, trouver des emplois, des annonces, des événements, des webinaires et plus

Devenir membre

© Adolfo Lujan | Flickr (CC BY-NC-ND 2.0)

Cameroun – Agression et appels anonymes menaçant la défenseuse des droits humains Mme. Tilder Kumichi Ndichia

Depuis le 9 avril 2015, la défenseuse des droits humains Mme. Tilder Kumichi Ndichia a commencé à recevoir plusieurs appels anonymes menaçants. Les menaces ont commencé dès son retour à Yaoundé de Isaibal, un village situé au nord-ouest du Cameroun, où elle documentait le cas d'une femme victime de violence domestique.

Tilder Kumichi Ndichia est une défenseuse des droits des femmes et la Coordinatrice des programmes de la Fondation GeeD (Gender Empowerment and Development), une organisation de défense des droits de l'Homme qui se consacre à améliorer les vies des femmes et des jeunes à travers l'action de plaidoyer, l'éducation, des programmes de formation et d'autonomisation. Depuis plusieurs années, Tilder Kumichi Ndichia surveille et documente des cas de violence à l'égard des femmes et apporte un soutien psychologique aux femmes victimes de ces violences.

Depuis son retour à Yaoudé, Tilder Kumichi Ndichia a reçu quatre appels téléphoniques la menaçant, chacun provenant d'un numéro différent. Lorsqu'elle a essayé de rappeler les numéros, aucun des appels n'aboutit. Lors de ces appels, les auteurs anonymes de ces appels lui ont ordonné de cesser de se mêler des affaires de violence domestique contre des femmes et l'ont menacé que si jamais elle continue d'enquêter sur ces cas, elle en subira bientôt les graves conséquences. Lors du plus récent appel, le correspondant l'ordonnait de supprimer toute information qu'elle avait publiée, sur internet et ailleurs, sur le cas documenté à Isaibal. Tilder Kumichi Ndichia a aussitôt rapporté ces menaces à la police.

Le 7 avril 2015, alors que Tilder Kumichi Ndichia se trouvait à Isaibal pour documenter le cas de violence domestique, elle a été agressée par des inconnus. Ses agresseurs lui ont alors volé son sac d'ordinateur portable et son sac à main, lesquels contenaient tous les documents concernant le cas en question. Deux jours avant l'agression, la défenseuse des droits humains avait été verbalement menacée à deux reprises, les 5 et 6 avril 2015, par trois inconnus. Après s'être renseignée à leur sujet, Tilder Kumichi Ndichia avait appris que deux d'entre eux sont connus pour être responsables de violence dans leur communauté, tandis que la troisième personne serait un proche de l'homme responsable de la violation documentée par la défenseuse des droits humains. Plusieurs hommes de la communauté ont également qualifiée Tilder Kumichi Ndichia de mauvais exemple et l'ont accusée d'essayer de perturber le fonctionnement de leurs familles, où les femmes sont soit-disant la propriété des hommes et devraient être battues aussi souvent que nécessaire.

Auparavant, en mars 2014, Tilder Kumichi Ndichia avait été agressée devant sa maison à Yaoudé par deux inconnus armés, alors qu'elle rentrait du travail. Au cours de l'attaque, les agresseurs avaient volé toutes ses affaires personnelles, y compris son ordinateur portable, téléphones et tablette qui contenaient des informations sur des cas de violations des droits humains qu'elle avaient documentés. Au moment de l'agression, la défenseuse des droits humains travaillait plus précisément sur un cas d'une femme victime de violence domestique par son mari, et sur le viol par le mari de leur fille âgée de onze ans.

Front Line Defenders exprime sa profonde préoccupation concernant l'agression et les menaces contre la défenseuse des droits humains Tilder Kumichi Ndichia et estime que celles-ci sont directement liées à son travail en faveur des droits humains.

Agissez maintenant!

Partage