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Unissez-vous Pour Mettre Fin À La Violence Contre Les Femmes

Le 25 novembre prochain au Guatemala, on lancera le Chapitre régional de la Campagne Multi-annuelle (qui dure de 2008 à 2015) qui a pour titre : « Unissez-vous pour mettre fin à la violence contre les femmes ».

Par Gabriela De Cicco

On a choisi ce pays, à cause de la violence croissante contre les femmes et pour donner de la visibilité à ce problème et faciliter ainsi les processus pouvant contribuer à l’éliminer.

Ban Ki-moon, Secrétaire général des Nations Unies, a lancé en février 2008, la campagne mondiale, et l’on espère, à l’occasion de son lancement au Guatemala, pouvoir, une fois de plus demander aux États qu’ils fassent appliquer les lois dans leurs propres pays, mais surtout qu’ils allouent des ressources réelles dans leurs budgets pour l’application de ces lois et pour les prestations de services corollaires, conformément à ces lois.

On sait bien que la continuité et la recrudescence du nombre de crimes commis contre les femmes dans nombre de pays latino-américains et aux Caraïbes sont dues à leur impunité. Avec cette campagne, on appelle les états à réformer l’administration et le pouvoir judiciaire afin de lutter contre l’impunité du système judiciaire.

On s’efforce également d’impliquer non seulement les états, mais aussi la société civile dans l’espoir qu’ils accompagnent et répondent aux victimes et aux femmes qui ont survécu à la violence sous quelque forme que ce soit.

La Campagne considère les différentes formes de violence (rappelons qu’elle peut s’exercer sous forme physique, psychologique, sexuelle, économique, etc.) comme des violations des droits humains des femmes.

Comme l’a signalé Maria Suarez, « la Campagne considère les différentes formes de violence dans leur relation intrinsèque avec les facteurs socioculturels, économiques et politiques, et les comportements qui correspondent à des déséquilibres de pouvoir et à des inégalités structurelles entre les hommes et les femmes. Les facteurs de race, d’ethnie et autres facteurs de discrimination croisée (résidence en milieu rural, handicap, HIV/SIDA) qui touchent les femmes et les jeunes filles de la région » seront également pris en compte.

L’approche qui se base sur le respect des droits humains de la femme et des jeunes filles est associée à une vision selon laquelle il faut faire face à la violence en sortant des domaines traditionnels – pour en faire un thème qui ne soit pas « exclusivement lié aux femmes » -, avec l’objectif d’obtenir une réponse plus vaste et efficace. La campagne garantira un point de vue holistique et intégral sur la violence contre les femmes, encourageant la collaboration avec une grande variété de secteurs et d’acteurs (santé, éducation, justice, sécurité, emploi, migration, etc.)
UNIFEM considère qu’avec la Campagne, il sera possible de « sensibiliser le public dans le but de construire une société égalitaire et non violente en :

- donnant de la visibilité à toutes les manifestations de violence contre les femmes, y compris ses nouvelles expressions.

- encourageant l’ensemble de la population à réaliser que nous sommes tou-te-s des acteurs-trices du changement.

- construisant une société sans violence à l’égard des femmes.

- encourageant les secteurs publics et privés à agir plus.

- impliquant les enfants, les adolescents et les jeunes ».

Les groupes et les organisations de femmes de la société civile ont été invités à participer activement à ce lancement et à la Campagne régionale «avec la conviction, a remarqué l’écrivain et activiste Maria Suarez, que nous sommes les actrices qui ont placé ce thème dans le programme international et les programmes nationaux, et que le 25 novembre, Journée internationale de l’élimination de la violence, a été créé par ce mouvement, et plus particulièrement par le mouvement féministe de la région à l’occasion de l’une de ses rencontres. »

Pourquoi le Guatemala ?

Radio Internacional Feminista a organisé une rencontre avec UNIFEM pour travailler conjointement sur ce lancement. RIF nous fournit un rapport important avec des chiffres très choquants, qui mettent en évidence une réalité qui ne peut plus demeurer invisible simplement en raison du fait qu’elle n’apparaît pas dans les médias de masse, ou juste parce que des centaines de cas sont restés impunis.

RIF révèle « que le Guatemala occupait en 2007, la troisième position en Amérique latine en termes de meurtres contre les femmes. Cependant, en 2009, il arrive en première position (selon les classifications). Entre janvier et mai 2009, on a enregistré 265 cas de d’assassinats commis contre les femmes.

Entre 2005 et 2007, des 1 960 assassinats commis contre des femmes, « seuls 43 coupables furent condamnés » : ce qui explique l‘augmentation des assassinats en 2008, car durant les trois années précédentes, 1 912 assassins étaient innocentés.

Depuis que la loi contre les assassinats commis contre les femmes est entrée en vigueur en mai 2008, seuls deux coupables ont été condamnés, bien que durant cette même année 722 femmes soient décédées de causes violentes. (survivantes)

Si l’on considère l’ensemble des femmes assassinées, 32 % d’entre elles furent tuées chez elles, 43 % en dehors de leur domicile et 25 % sans adresse. En 2008, 39 400 plaintes relatives à des violences intrafamiliales furent transmises aux tribunaux, parmi celles-ci, 95 % furent présentées par des femmes. À partir de 2008, 2 000 plaintes ont été présentées au ministère public des délits contre la femme. (Observatorio de la Trasgresiòn Feminista OTF)

Du 10 au 12 mai 2009, a eu lieu au Guatemala le VIIe Observatoire de la Transgression féministe. L’observatoire est une méthodologie et une action politique qui s’efforcent de soutenir, de rendre visible et de protéger les actions transgressives des femmes qui défient et transforment les systèmes et les pratiques de pouvoir patriarcal, comme nous le dit le portail de las Petateras.

Dix-huit féministes sur site (féministes, agents de la communication, et universitaires) venues de de six pays (Espagne, Mexique, Costa Rica, États-Unis, Nicaragua et Guatemala) et 31 observatrices virtuelles ont participé à l’Observatoire. L’OTF avait pour objectif d’une part de divulguer des informations sur la situation en matière de violences contre les femmes et sur les stratégies que les organisations sont en train d’élaborer pour lutter contre ces violences dans ce pays, et d’autre part de définir un plan de suivi pour renforcer la solidarité internationale à l’égard de ce thème.

Cette solidarité internationale s’est exprimée à travers un communiqué de presse de l’Initiative des Femmes Nobel contre la violence au Guatemala.
(http://www.nobelwomensinitiative.org/blogs/democracy/post/comunicado-de-las-mujeres-premios-nobel-spanish)

Dans une partie de ce document, les femmes qui ont obtenu le Prix Nobel soutiennent que : «Nous avons été les témoins directs de l’audace, de la résistance et du courage des femmes guatémaltèques lors de leurs luttes pour faire valoir leurs droits et ceux de toute la société, alors qu’elles affrontent d’énormes obstacles qui menacent leur survie, celle de leurs familles et de leurs communautés.

Elles mènent leurs luttes dans l’insécurité et la violence que des milliers de femmes subissent quotidiennement et qu’elles ont souffert au cours de l’histoire. N’oublions pas les nombreux cas de femmes, majoritairement indigènes, victimes d’abus sexuels durant la guerre. Les 1 500 assassinats commis contre les femmes depuis 2001, et le fait que seul 14 d’entre eux ont été pénalisés par les tribunaux, nous inquiètent énormément. La remilitarisation croissante du pays et l’idéologie qui favorise de plus en plus le réarmement généralisé, sont des faits qui participent à la plus grande impunité qui porte préjudice à la société guatémaltèque, et plus particulièrement aux femmes qui ne sont pas uniquement victimes de la violence militaire, mais qui relèvent toujours d’une guerre constante que les femmes subissent sous forme de violentes discriminations sexuelles, dans la rue, à la maison et au travail. Celles qui défendent les droits de l’homme sont elles aussi victimes de harcèlements et de violences lors de leurs luttes pour la justice, et ne bénéficient pas des protections minimales que l’État devrait leur garantir pour leur travail.»

Ce lancement tellement attendu, avec toutes les activités qu’il a suscitées dans les organisations de femmes, au niveau local et régional, ouvre une porte sur l’espérance, mais une porte qui ne s’ouvre pas seule et qui appelle à un compromis général durable, afin que nous fassions vraiment partie du changement.

La Campagne est une initiative interinstitutionnelle qui inclut le Fonds des Nations Unies pour le développement de la femme (UNIFEM), avec l’appui du Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA), en coordination avec la Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes (CEPAL), le Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH), le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF), la Comisión Interamericana de Mujeres (CIM), l’Instituto Interamericano de Cooperación para la Agricultura (IICA), l’Organización Panamericana de la Salud (OPS), le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD),le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/SIDA (ONUSIDA), l’Organisation internationale du travail (OIT), etc.

Pour suivre les activités et pour fournir des informations sur les nouvelles orientations, un site Web a été créé : Fin à la violencia (Mettre fin à la violence) (http://www.finalaviolencia.radiofeminista.org/).

Pour des informations ultérieures ou pour la presse, veuillez contacter : oficina@radiofeminista.net

Les documents et les sites à consulter (nous en avons utilisé plusieurs pour la rédaction de cet article) :

- Lanzamiento y programa d actividades en UNIFEM (Lancement et programme d’activités du Fonds de développement des Nations Unies pour la femme)
- Llamado a la Acción: (Appel à l’action)
- Las Petateras
- Comunicado de las Mujeres Premio Nobel de la Paz (Communiqué des Femmes Prix Nobel)
- Comisión para el Abordaje del Femicidio en Guatemala Declaración (Commission pour l’approche du féminisme au Guatemala – Déclaration)
- Guatemala : una ley modelo para la región (Guatemala : une loi modèle pour la région)
- Guatemala : Primera condena basada en Ley contra el feminicidio (Première condamnation basée sur la loi contre les assassinats de femmes
- GUATEMALA : Una detención contra la epidemia de femicidios (Guatemala : une détention contre l’épidémie d’assassinats de femmes)
- FEMICIDIO…LA PENA CAPITAL POR SER MUJERES (Assassinats commis contre les femmes… la peine capitale si l’on est une femme):

Licence de l'article: Creative Commons - Titulaire de la licence de l'article: AWID

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Enjeux: Participation politique, Violence envers les femmes

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Type de contenu: Analyses