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L’approche Intégrée De L’égalité Entre Les Sexes Et Les Droits Des Femmes

L’approche intégrée est une stratégie pour aborder les questions relatives à l’inégalité entre les sexes au niveau structurel et provoquer une transformation fondamentale en éliminant les préjugés sexospécifiques et les déséquilibres de pouvoir entre les hommes et les femmes.

Par Massan d'ALMEIDA


I/ L’approche intégrée de l’égalité entre les sexes : Définition

L’approche intégrée a pour objectif de provoquer l’égalité entre les sexes et de faire avancer les droits des femmes en ingurgitant des analyses sexospécifiques, des recherches selon la perspective de genre, les perspectives des femmes et des objectifs de l’égalité entre les sexes dans les politiques, les projets et les institutions. Elle met l’accent sur les questions relatives aux femmes et à l’égalité entre les sexes et s’efforce de les intégrer dans toutes les politiques de développement, dans la recherche, le plaidoyer, la législation, l’allocation des ressources, la planification, l’exécution et le suivi des programmes et projets. Sa finalité est de changer la définition même et le discours du développement de manière à ce qu’il inclue l’égalité entre les sexes comme un moyen et comme une fin.

Elle a été soutenue et promue par les Nation Unies, la Banque Mondiale et plusieurs agences d’aide bilatérale, les départements gouvernementaux et les organisations des droits humains et de développement. Les organisations de femmes la considèrent comme l’unique stratégie pour mettre en avant les questions de femmes et les empêcher d’être reléguées au second plan et qui conduira à l’intégration de l’égalité entre les sexes et des objectifs des droits des femmes dans les questions difficiles de la macroéconomie et de l’éradication de la pauvreté.

Mais dans la réalité, l’approche intégrée a-t-elle favorisée la promotion des droits des femmes, la satisfaction des besoins des femmes et leur épanouissement? Quelles sont les expériences à ce sujet dans les pays en développement ? Quels sont ses potentiels et ses limites ? Quels sont ses moyens pour provoquer des changements institutionnels et dans les politiques afin que celles-ci promeuvent et protègent effectivement les droits des femmes ?

II/ L’approche intégrée de l’égalité entre les sexes est-elle une approche par les droits ?

L’approche intégrée n’est pas juste une finalité mais un ensemble de processus pour parvenir à l’équité, à l’égalité et à la justice entre les sexes dans les domaines critiques de la vie des femmes et des hommes, des garçons et des filles. Ainsi, elle est un impératif moral, éthique et fondamental aux droits humains. Elle est et doit demeurer une pierre angulaire de tout processus durable de développement humain, l’éradication de la pauvreté, des politiques de protection environnementale, de bonne gouvernance et de démocratie.

L’approche genre est une approche de développement basée sur les droits humains car elle est issue de l’essence même qui fonde les principes fondamentaux des droits humains et tout comme eux, elle accorde la priorité aux personnes vulnérables, marginalisées et exclues que l’on prive de leurs droits. Elle reconnait tous les droits comme d’égale importance et toutes les personnes comme des sujets actifs de droit, donc pouvant être tenu responsables des actes qu’ils posent.

L’approche intégrée de l’égalité entre les sexes cherche à s’attaquer aux questions d’inégalités entre les sexes à un niveau structurel et à réaliser une transformation fondamentale en éliminant les inégalités de genre et les déséquilibres de pouvoir entre les hommes et les femmes.

III/ Quels sont les problèmes que rencontre l’approche intégrée de l’égalité entre les sexes aujourd’hui ?

Elle a été établie par la Plateforme d’Action (PFA) de Beijing adoptée au cours de la quatrième Conférence Mondiale sur les Femmes en 1995 comme une stratégie pour aborder les inégalités et l’accès inégal aux ressources dans les douze domaines prioritaires identifiés par la Plateforme. La PFA a souligné qu’avant que toutes décisions soient prises, qu’une analyse sexospécifique soit menée et qu’une politique visible sur l’égalité entre les sexes dans tous les domaines.

Cependant, dans la mise en œuvre de l’approche, il semblerait que cet « avant » ait été oublié, et cet oubli a mis l’ensemble de la stratégie en péril et réduit l’approche en une « réflexion après coup » et « un rajout de dernière minute ».

En outre, en 1997, on avait placé de grands espoirs en l’approche intégrée et il y a même eu une résolution de l’ECOSOC qui a également mis l’accent sur un point qui a semblé être aussi oublié dans la mise en œuvre de l’approche : c’est qu’une condition préalable de la mise en application de l’approche intégrée est un engagement des hauts responsables ainsi que la provision adéquate de ressources financières et autres ressources.
Malheureusement depuis Beijing, nous ne pouvons pas affirmer aujourd’hui que l’approche intégrée telle qu’elle est appliquée a permis d’atteindre les objectifs de la PFA, de mettre fin à la subordination des femmes et favorisé la pleine jouissance par les femmes de tous leurs droits, bien que des avancées ont été enregistrées ça et là.

Les difficultés que rencontre aujourd’hui la mise en œuvre de l’approche intégrée sont liées à un problème profond et complexe de conflits de valeurs, de politiques de pouvoir, de tensions analytiques faites de contradictions et de dilemmes relatifs aux diverses interprétations et attentes au niveau institutionnel, d’élaboration des politiques et opérationnel. Certaines de ces tensions non résolues et le manque de clarté dans les définitions des objectifs et buts poursuivis par l’approche intégrée ont contribué à une régression vers une focalisation instrumentaliste plus accentuée sur le genre/la femme comme un moyen pour parvenir à une fin.

Les raisons qui ont favorisé cette situation à mon avis sont : le peu d’investissement dans les activités d’information sur les initiatives analytiques et d’orientation politiques en cours visant à développer et à renforcer les catégories essentielles à l’intégration du genre et le fossé persistant et croissant entre la macroéconomie et l’approche intégrée. Il y a en effet un très peu d’interaction entre la planification au niveau macro (par exemple, les politiques fiscales, les politiques commerciales, la libération financière et la privatisation) et l’approche intégrée au niveau de l’analyse et de la mise en œuvre des politiques dans les organisations gouvernementales, internationales et intergouvernementales. Toutes ces défaillances résultent en une approche fragmentée du développement et des activités de l’égalité entre les sexes.

De plus, dans l’esprit de certains persistent une confusion conceptuelle à propos de la signification concrète de l’approche intégrée et comment elle devrait être appliquée. D’autres disent que l’approche est aisément applicable et ne produit de bons résultats que s’il y a un engagement indéfectible de la part des dirigeants, si des mécanismes de reddition de compte sont en place et si l’expertise genre appropriée est disponible au moment approprié pour aligner les politiques et les pratiques avec les engagements pour réaliser l’égalité entre les sexes dans plusieurs institutions.

Tous ces problèmes et difficultés d’application ont eu pour résultats de jeter du flou sur et de sous estimer les questions relatives aux inégalités entre les sexes. Un exemple schématique de la façon dont l’approche intégrée est appliquée dans les institutions est le suivant :

  • 1ère étape : « Un plan est formulé : il peut s’agir d’une Stratégie de Réduction de la Pauvreté, du budget de reconstruction d’un pays d’un pays après une guerre/conflit ou simplement d’une stratégie de la société civile pour influencer une conférence internationale.
  • 2ème étape : Cinq Task Forces (thématiques) sont constituées pour réfléchir à fond sur la stratégie à utiliser dans chacun des domaines (exemple : eau, santé, etc). Mais, il n’y a pas de Task Force « Genre ou égalité des sexes », car elle est une question transversale. Des budgets sont alloués à toutes les Task Force mais, l’égalité entre les sexes n’a pas de budget parce qu’elle est une question transversale. Puis, on prépare un papier sur le travail de chaque Task Force, avec des chapitres sur chaque question, mais aucun chapitre ne porte sur l’égalité entre les sexes parce qu’elle est transversale. Après, on convoque une réunion de haut niveau avec les responsables de cinq Task Forces et ils sont tous présents, mais aucun d’eux ne fait une présentation sur l’égalité des sexes parce qu’elle est sous-entendue.

D’où la révolte aujourd’hui des militantes des droits des femmes et de l’égalité entre les sexes et leur nouvelle action de plaidoyer pour que l’égalité entre les sexes soient à présent considérés comme une question centrale du développement.

Car la confusion conceptuelle autour de l’approche genre et de l’approche intégrée de l’égalité entre les sexes entrave le travail pour la promotion et la protection des droits des femmes et de l’égalité entre les sexes.

Que faire alors ?


IV/ Approches de solutions / Perspectives

L’approche intégrée doit être réaffirmée comme une fin en soi et non pas simplement comme un moyen pour parvenir à une fin, lorsque cela convient. Pour ce faire, nous devons prêter une attention particulière aux politiques structurelles et aux changements de paradigmes y compris aux facteurs institutionnels par exemple la manière dont les soi-disant « domaines difficiles » et « domaines faciles » sont interreliés au niveau méta, micro et macro de l’économie.

Pour une approche transformative de l’approche intégrée de l’égalité entre les sexes qui promeut les droits des femmes, nous devons nous attaquer aux questions difficiles de la redistribution du pouvoir tant au niveau institutionnel qu’au niveau national où s’élaborent les politiques, dans l’économie politique globale. Concrètement, cela signifie que nous devons continuer nos actions de plaidoyer pour rediriger le courant régressif actuel qui essaie simplement d’incorporer des préoccupations féminines et sexospécifiques dans les stratégies et priorités existantes vers des approches intégrationnistes de l’égalité entre les sexes plus transformatives. D’où la nécessité de repenser les règles, les priorités, les objectifs et la distribution des ressources.

Nous devons continuer d’insister dans nos actions de plaidoyer sur la reddition des comptes et le respect et la mise en œuvre effectifs des engagements car ils sont cruciaux pour réaliser le progrès.

Un exemple concret de ceci, ce sont les budgets sensibles au genre qui suscitent beaucoup d’intérêts et reçoivent beaucoup de soutien actuellement. Ils ont été utilisés comme un outil transformateur en Tanzanie et en Ouganda pour apporter une plus grande transparence, participation et reddition de comptes aux processus budgétaires aux niveaux local et national.

Les défenseurs des droits des femmes sont en avant de la lutte et du plaidoyer pour l’approche intégrée et du suivi de sa mise en œuvre car elles sont convaincues- nous sommes convaincues- qu’elle favorisera la jouissance par les femmes de leurs droits humains fondamentaux que sont devons-nous le rappeler :

  • Le droit à la vie
  • Le droit à la liberté et la sécurité de la personne
  • Le droit de circuler librement
  • Le droit à la vie privée
  • L’égalité devant la loi
  • La liberté d’expression
  • Le droit de voter et d’être élu(e)
  • Le droit de travailler, de former des syndicats et d’avoir des conditions de travail sécurisées et sûres
  • Le droit au plus haut niveau de santé physique et mentale accessible
  • Le droit à un niveau de vie adéquat, à savoir une alimentation, un logement, des vêtements adéquats
  • Le droit de participer à la vie culturelle pour ne citer que ceux-là.


REFERENCES

  1. AWID, 2004, L’approche intégrée de l’égalité entre les sexes: Peut-elle être efficace pour les droits économiques des femmes? Numéro 3, novembre 2004, http://awid.org/publications/OccasionalPapers/spotlight3_fr.pdf
  2. CWGL & WEDO, 2006, Gender Equality Architecture and UN Reforms
Licence de l'article: Creative Commons - Titulaire de la licence de l'article: AWID