Le commerce en Amériques : Une perspective féminine du débat sur les ZFA

Une session de Forum d l'AWID 2002

Les participants à cette session ont entamé la discussion, en partageant avec les autres, des exemples relatifs aux impacts visibles du commerce dans leurs régions, à savoir : les zones franches dans les Caraïbes, les politiques dépourvues de toute notion de genre qui accroissent la polarisation au Canada, la guerre et les conflits en cours en Colombie. Sur cette toile de fond, les exposants et les exposantes, ont expliqué le contenu du projet des Zones Franches des Amériques (ZFA) et la résistance dont il fait l'objet à travers tout l'hémisphère.

Les participants à cette session ont entamé la discussion, en partageant avec les autres, des exemples relatifs aux impacts visibles du commerce dans leurs régions.

  • Alexandra Speildoch, International Gender and Trade Network (Réseau International sur le Genre et le Commerce) Centre of Concern, USA
  • Alma Espino, CIEDUR, Uruguay
  • Carol Barton, Women's International Coalition for Economic Justice (Coalition Internationale des Femmes pour la Justice Economique), USA
  • Coral Pey Grebe, Chilean Alliance for a Fair and Responsible Trade (Alliance chilienne pour un Commerce équitable et Responsable), Chili
  • Nelcia Robinson, CAFRA, Trinidad et Tobago
  • Norma Sanchis, Red Internacional de Genero y Comercio, Argentine

Le projet ZFA était qualifié de « dragon en attente », qui englobe toutes les questions actuellement en cours au sein de l'Organisation Mondiale du Commerce et bien d'autres encore (ex : La libéralisation du commerce, les services, l'investissement, etc.). Il inclut les mêmes principes de libéralisation à l'instar de ce qui se fait à l'OMC : « nation plus favorisée », statut, « traitement national », accès au marché et transparence. Les ZFA étaient décrites comme un produit de la mondialisation, favorisant l'intégration des économies et un niveau de vie plus élevé dans les pays développés. On avait aussi remarqué, que le Gouvernement des Etats-Unis avait vu à travers les ZFA, un moyen pour la libéralisation complète des marchés en vue de consolider une présence commerciale hémisphérique vis à vis de la compétition européenne.

En terme de résistance, le message de base était clair: "Non aux ZFA". Les activités prioritaires consistent à faire pression sur les gouvernements pour qu'ils rejettent les ZFA, faciliter la participation des femmes et développer les indicateurs de genre. Nous avons besoin de nous informer, de rendre nos informations accessibles aux autres et de renforcer les capacités à travers les Amériques. Nos objectifs ne devraient pas se limiter à l'amélioration des impacts négatifs du programme de la libéralisation du commerce, mais de les remplacer par quelque chose d'autre de distinct.

Les processus alternatifs en cours incluent l'analyse genre; par exemple, il y a un chapitre sur le genre dans le document alternatif produit pour la réunion de la Cité du Québec en avril 2001. Le problème essentiel avec le processus officiel est qu'il n'est pas démocratique : la société civile n'a pas accès aux textes de négociation ou aux réunions ministérielles, la société civile fait des commentaires sur les textes, mais elle n'apprend jamais qu'on en a fait usage, et les négociations ont lieu sans tenir compte du programme des droits humains. L'Alliance Sociale Hémisphérique organise des rencontres parallèles (les Sommets des Peuples), dont le troisième aura lieu à Buenos Aires en 2003. D'autres événements futurs à noter sont le Forum Social Mondial, et la Réunion Ministérielle de l'OMC (Cancun 2003).

S'opposer aux ZFA et les remplacer par quelque chose d'autre requiert des travaux de recherches sur les accords commerciaux eux-mêmes et sur les points qui font l'objet des négociations par les gouvernements, le plaidoyer pour des politiques alternatives et des sessions de renforcement de capacité dans la région. Certes, chaque communauté à son approche spécifique, mais c'est ensemble que nous élaborons les alternatives.

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