Kenya : les handicapés kenyans veulent participer au gouvernement
La communauté des personnes handicapées du Kenya a dénoncé, le 28 mars, la marginalisation dont ses membres ont été victimes de la part des gouvernement successifs du pays, déclarant espérer que le prochain gouvernement de grande coalition sera à même de s'occuper des problèmes de cette frange de la population.
Les handicapés du Kenya n'ont pas réussi à obtenir un siège de représentant
au Parlement à l'issue des élections de décembre dernier. « En tant que
Kenyans avec des handicaps, nous avons pendant trop longtemps été obligés
de rester à la périphérie des processus politiques et législatifs de ce
pays. Même quand les politiques ou la législation ont reconnu nos besoins,
les solutions préconisées n'ont été appliquées que de manière incomplète et
à contre-coeur », ont déclaré les handicapés dans le communiqué, publié sous
l'égide d'une agence gouvernementale - la Commission nationale kenyane des
droits de l'Homme (KNCHR). Ils ont ajouté : « Les conséquences globales de
ce statu quo sont la perpétuation de notre exclusion du fait de nos
handicaps physiques, sensoriels ou intellectuels. Cette marginalisation a
également encouragé la société à renforcer la discrimination dont nous
sommes l'objet à l'école, au travail, à 'hôpital et dans le cadre familial
».
Les handicapés ont invité les trois principaux partis politiques qui ont
pris part aux élections générales de 2007 - le Mouvement démocratique
Orange (ODM), le Parti de l'Unité nationale (PNU) et le Mouvement
démocratique orange du Kenya (ODM-K) -« à tenir leurs promesses électorales
et à prendre des mesures décisives pour le respect des droits et la prise en
compte des besoins de plus de trois millions de Kenyans handicapés ». Les
programmes électoraux de ces trois partis comprenaient des projets pour les
handicapés, auxquels ils avaient promis plus d'égards.
Ces partis s'étaient engagés à donner la priorité aux droits des handicapés
dans la formulation des politiques publiques et dans la prise de mesures
législatives et administratives. La semaine dernière, le Parlement kenyan a
voté deux lois importantes qui vont créer un poste de Premier ministre et
deux postes de vice-Premier ministre avec pouvoirs exécutifs.
La création de ces trois postes va radicalement transformer la structure
administrative du pays, jusqu'ici présidentielle, en une démocratie en
partie législative. Ces changements ont été rendus nécessaires par les
résultats de l'élection présidentielle controversée de décembre dernier,
qu'on estime avoir été largement remportée par l'opposition.



