Home / Enjeux et Analyses / Library / Aperçu du deuxième rapport Finance-la de l'AWID

Aperçu du deuxième rapport Finance-la de l'AWID

Le deuxième rapport Finance-la de l'AWID, « Viabilité financière pour les mouvements de femmes dans le monde entier » est actuellement disponible sur papier et en ligne. Le Dossier de ce vendredi passe en revue le contenu du rapport. Par Kathambi Kinoti, 5 octobre 2007.

La « Viabilité financière pour les mouvements de femmes dans le monde entier est le deuxième rapport publié par l'AWID dans le cadre du programme Finance-la qui étudie la situation du financement du travail des droits des femmes. Il s'inspire du premier rapport publié l'année dernière, tout en analysant de plus près les tendances du financement et les informations relatives aux donateurs qui financent l'action en faveur des droits des femmes et en proposant des orientations pratiques pour la levée de fonds.

Ce rapport ne se limite pas à aborder le thème de l'accès plus généralisé des organisations de femmes à un financement accru et à fournir des informations utiles sur la levée de fonds et les bailleurs de fonds à contacter : Il plaide en outre en faveur de l'élaboration collective de stratégies et d'actions visant à la mobilisation à long terme de ressources destinées à la défense des droits des femmes dans le monde entier. Ce rapport souligne la nécessité de renforcer les mouvements féministes et de femmes ainsi qu'un engagement politique collectif vis-à-vis des personnes et des institutions qui fournissent (ou qui pourraient fournir) les fonds nécessaires à l'action en faveur de la justice sociale, afin de garantir que l'agenda de défense des droits des femmes soit doté des ressources adéquates. Cet objectif ne peut être atteint que si ces mouvements participent à la détermination du programme de financement du développement et exercent une influence sur les politiques et les processus pertinents.

Le rapport sur la « Viabilité financière » analyse la situation de six secteurs de financement: les agences de développement bilatérales et multilatérales ; les ONG internationales; les fonds de femmes; les grandes fondations privées ; les particuliers et les petites fondations privées, ainsi que la philanthropie d'entreprise. Il fait ressortir les opportunités et les défis spécifiques à chaque secteur. Il souligne également l'existence d'une quantité importante d'argent disponible pour l'action en faveur des droits des femmes mais qui n'est pas accessible pour plusieurs raisons. Par exemple, les dérives de l'application de la prise en considération de la sexospécificité au sein des agences bilatérales et multilatérales ont eu des effets négatifs sur le travail des droits des femmes. La sexospécificité (le genre) étant censée être prise en compte dans tous les programmes et les politiques, le sentiment général est que les initiatives spécifiquement ciblées sur les femmes sont superflues. En raison des mesures adoptées pour améliorer l'efficacité de l'aide au développement et l'acheminer par le biais des gouvernements, cette assistance est devenue moins accessible aux groupes de femmes. La Déclaration de Paris sur l'efficacité de l'aide ne met pas l'accent sur l'importance de l'égalité entre les sexes, malgré son rôle central dans le développement économique. La majeure partie du financement accordé aux organisations de femmes provient d'agences bilatérales et multilatérales; il faut toutefois faire remarquer qu'en termes de montants réels d'assistance fournie globalement par ces agences au titre du développement, le travail des droits des femmes est, comparativement, sous-financé. Tout comme les grandes fondations privées, elles tendent à se détacher de la politisation du programme de défense des droits des femmes et à appliquer une approche technique à des réalités sociales et politiques complexes. Les ONG internationales (ONGI) représentent également une proportion importante du financement mais les relations entre les ONG internationales et les ONG locales ne sont pas toujours des meilleures. Par exemple, il ne faut pas oublier que les ONGI jouent plusieurs rôles à la fois : elles organisent des campagnes, élaborent des programmes et apportent des fonds. Par conséquent, il est logique qu'elles financent leurs propres idées et leurs propres campagnes, ce qui éclipse souvent le travail mené par les ONG locales. Elles rivalisent également, sur un meilleur pied, avec les ONG pour obtenir une aide officielle au développement et d'autres types de financement.

Le rapport fait ressortir la présence et l'importance croissantes des fonds de femmes qui constituent le « bras de levée de fonds du mouvement ». Ces fonds dirigés par des femmes tendent à se centrer exclusivement sur l'agenda du travail des droits des femmes et apporte un financement aux groupes qui éprouvent le plus de difficultés pour avoir accès aux ressources et sont souvent négligés par d'autres donateurs. C'est ainsi que les fonds de femmes appuient des groupes marginalisés tels que les jeunes femmes, les lesbiennes et les femmes autochtones. Ils s'accordent, pour la plupart, sur la nécessité d'assurer un financement de type administratif pour les organisations de femmes. Ils fournissent également du financement pour les déplacements pour assister à des conférences stratégiques, ce que les autres agences ne font généralement pas. Certains fonds de femmes s'engagent également à financer le renforcement des capacités au sein des organisations de femmes, ainsi que la construction de mouvements. Malgré leur croissance en nombre et en ressources, ces fonds de femmes ne peuvent encore fournir que des donations relativement limitées et, par conséquent, s'adressent surtout aux plus petites organisations de femmes.

Le rapport sur la «Viabilité financière » n'aborde pas seulement la situation actuelle en matière de financement des droits des femmes mais aussi la façon dont ces droits sont financés. Il propose des stratégies qui peuvent être appliquées par les organisations de femmes à titre individuel ou dans le cadre de mouvements. Par exemple, il analyse l'éventuelle création de modalités alternatives et autonomes de collecte de fonds et la manière d'investir dans le renforcement des capacités organisationnelles. Il suggère également quelques conseils pratiques pour réunir l'argent ainsi que des informations sur les institutions qui financent le travail des droits des femmes.
Le rapport « Viabilité financière pour les mouvements de femmes dans le monde entier » explique à la fois où se trouve l'argent pour les droits des femmes et pourquoi les mouvements des femmes ont besoin de politiser l'agenda du financement de l'égalité entre les sexes ; c'est pourquoi il constitue une ressource vitale à la fois pour les individus et les organisations qui travaillent à la défense des droits des femmes.

 

Le rapport « Viabilité financière pour les mouvements de femmes dans le monde entier » est disponible sur le site de l'AWID à : www.awid.org

Licence de l'article: Copyright - Titulaire de la licence de l'article: AWID