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Entrevue: 'Nos voix ont été entendues', Interview avec Letty Chiwara, directrice des programmes interrégionaux de l'UNIFEM

ACCRA, 8 sep (IPS)

Au même moment que le troisième Forum de haut niveau sur l'efficacité de l'aide (HLF3) prenait fin à Accra, la capitale ghanéenne, des activistes de genre réfléchissaient sur le chemin qui les attend.

Ayant posé avec succès la visibilité de l'égalité de genre et de l'autonomisation des femmes sur le Programme d'Accra, les femmes tournent actuellement leur attention vers la Conférence internationale sur le financement pour le développement en vue de réviser la mise en œuvre du Consensus de Monterrey à Doha, au Qatar en novembre. Et elles se préparent pour exposer leurs réussites.

La directrice régionale de IPS, Paula Fray, s'est entretenue avec la directrice des programmes interrégionaux du Fonds de développement des Nations Unies pour la femme (UNIFEM), Letty Chiwara, sur la démarche à suivre.

IPS : Des groupes de femmes se sont réunis pour préparer leurs activités en prélude à ce Forum de haut niveau. Pourquoi y avait-il une telle mobilisation des activistes de genre pour Accra?

Letty Chiwara (LC) : Nous nous sommes rendu compte que les discussions de la Déclaration de Paris (2005) et du Programme d'action d'Accra ont beaucoup d'implications sur le financement pour les organisations de femmes et également sur la manière dont les gouvernements planifient, budgétisent et surveillent les résultats de l'égalité de genre. Cependant, il y avait très peu de connaissance et de prise de conscience au sein des activistes de femmes sur tout le programme.

L'UNIFEM s'est proposé d'accroître les informations au sein des groupes et activistes de femmes, de même que d'émettre conjointement des stratégies avec eux dans le but d'assurer que les voix des femmes seront entendues sur ces questions.

Nous avons cherché à mobiliser des organisations locales de femmes, des donateurs experts de genre, des ministères de la Femme et des agences de l'ONU avec l'idée qu'une voix collective nous aiderait à atteindre nos objectifs.

IPS : Il y a eu plusieurs discussions au cours des trois jours du HLF3. Des activistes de genre ont-ils atteint leur objectif de lever les voix des femmes?

LC : Oui, absolument. Une leçon apprise à travers ce processus est que le Programme d'action d'Accra (AAA) a revitalisé le concept de lobbying des femmes et la puissance des mouvements. Il nous a ramené à la lutte de Beijing et au succès que nous avons eu alors. Ceci a été une longue route, mais je pense que nos voix ont été entendues.

Au cours des dialogues ici à Accra, j'ai vu un rayon d'égalité de genre traverser. Les gens parlent de la question -- pas nous seulement, mais d'autres personnes... Un délégué m'a dit que c'était intéressant d'entendre des délégués hommes parler de genre et d'autonomisation des femmes.

IPS : Etes-vous satisfaite de ce qui a été convenu sur le AAA?

LC : Nous sommes très satisfaites que l'une des questions clés issues du Programme d'Accra soit la reconnaissance qu'ici nous parlions non seulement de la qualité de l'aide, mais aussi de la quantité de l'aide. Le AAA reconnaît également le rôle que la Conférence de Doha (Conférence internationale sur le financement pour le développement en vue de réviser la mise en œuvre du Consensus de Monterrey à Doha, au Qatar en novembre) et le Conseil économique, social et culturel de l'Union africaine pourraient jouer.

La promotion de plus de ressources aux femmes est une importante question de ralliement. Donc nous voudrions poursuivre cette dynamique avant Doha, soutenir des groupes de femmes et émettre des stratégies autour des six éléments du Consensus de Monterrey.

IPS : Comment bâtirez-vous sur cette dynamique du Programme d'action d'Accra?

LC : Accra nous a donné l'influence politique. Des dirigeants politiques ont accepté que l'égalité de genre et l'autonomisation des femmes sont essentielles pour atteindre des résultats de développement durable; donc nous voulons l'exploiter et la rapporter aux pays et soutenir ceux qui veulent la promouvoir.

Allant de l'avant, nos activités incluront maintenant le soutien aux pays qui veulent renforcer ou initier des prévisions budgétaires favorables au genre. Nous voudrions également renforcer davantage la capacité technique et la connaissance des organisations de femmes et des ministères de la Femme autour de la question de l'efficacité de l'aide.

Des mécanismes de responsabilisation ont été discutés en long ici et l'UNIFEM voudrait contribuer à établir plus de mécanismes de responsabilisation participatifs au niveau d'un pays en renforçant l'expertise et la capacité sur la surveillance ainsi que l'évaluation et l'utilisation de puissants indicateurs sensibles au genre -- dont certains ont été déjà formulés et ont été publiés au forum des femmes avant le HLF3.

Nous recommandons que des pays puissent choisir quelques-uns de ces indicateurs et les utiliser pour surveiller la mise en œuvre et suivre leur réalisation. Nous continuerions aussi à travailler avec des partenaires donateurs bilatéraux avec une pression et un plaidoyer constants pour obtenir davantage de ressources pour l'égalité de genre et l'autonomisation des femmes de même que l'établissement de systèmes pour suivre l'attribution de ces ressources.

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