Compte-rendu de la rencontre internationale sur « La démocratie participative pour l’égalité femmes / hommes »

La démocratie participative est rarement abordée sous l’angle de l’égalité entre les femmes et les hommes. C’est ce défi que tente de relever le Conseil régional de Rhône-Alpes en France en initiant cette rencontre internationale les 6 et 7 mars 2009 à Lyon (France) à laquelle nous avons eu l’opportunité de participer. Par Massan d’ALMEIDA

Déjà pionnière dans sa démarche de démocratie participative, la Région Rhône-Alpes a innové en associant le thème de l’égalité femmes - hommes à la participation citoyenne, en prenant en compte les inégalités liées au monde du travail, la féminisation de la pauvreté et les violences sexistes. La rencontre a réuni plusieurs centaines de personnes dont une vingtaine d’invité-e-s étranger-e-s.
La rencontre fut un véritable temps d’échanges et d’actions. Elle a permis aux citoyens et citoyennes de Rhône-Alpes et du monde, engagé-e-s dans des expériences de démocratie participative, d’échanger leurs expériences concrètes et leurs réflexions sur la question à travers une diversité d’approches – institutionnelles, universitaires, militantes et citoyennes.

La rencontre a soulevé plusieurs questions notamment:
· Que produit la démocratie participative en termes d’égalité sociale et citoyenne entre les femmes et les hommes ?
· Peut- elle favoriser la mise en œuvre de politiques publiques favorables à l’égalité ? Si oui, à quelles conditions ?
· Peut-on continuer à évoquer « les citoyens », « la participation », dans une démarche neutre, globalisante, sans prendre en compte dans les analyses et les évaluations, la féminisation de la pauvreté, le fléau des violences masculines contre les femmes, les rapports de pouvoirs ?
· Comment élaborer des budgets participatifs, construire des projets en prenant en considération les besoins des citoyens et des citoyennes, parfois semblables et souvent différents ?

Au programme de la rencontre étaient inscrits des ateliers pour que les idées bouillonnent, du théâtre forum pour provoquer la réactivité et faire parler le cœur, des temps de mutualisation pour partager de nouvelles connaissances et construire des décisions d’avenir.

Au total cinq thèmes étaient retenus pour les ateliers nommément :

  1. Partage des pouvoirs
  2. La parole transformatrice
  3. Responsabilités et parité politique
  4. Violences privées, blocages publics
  5. Promotion de la mixité


Nous avions participé aux travaux de l’atelier sur les « Responsabilités et parité politique » au cours desquels les questions suivantes ont été abordées :

  • Quelles conséquences ont les pratiques citoyennes participatives sur l’engagement politique et militant des hommes et des femmes ?
  • Que constatons-nous ?
  • Observe-t-on des similitudes et les différences entre les hommes et les femmes ?
  • Que faut-il améliorer pour que les expériences participatives débouchent sur une parité citoyenne et politique ?
  • La parité, rarement appliquée lorsqu’elle n’est pas obligatoire, est toujours discutée, remise en cause. Où en sommes-nous ?


L’atelier a été animé par Fatma El Kory Oumrane, Présidente de l’Association NTIC et Citoyenneté (Mauritanie) et Amadou Sall, Président du Réseau des Organisations de la Société Civile (Mauritanie).

Les différentes interventions de l’animatrice, de l’animateur et des participant-e-s ont révélé un état d’avancement différencié sur la réflexion et la pratique selon les pays.

De nombreuses difficultés jalonnent encore le parcours de la lutte pour l’égalité et la parité femmes/hommes. Ces difficultés sont de différents ordres et concernent tous les pays. Les échanges ont révélé qu’en général, les sociétés cantonnent les femmes dans la sphère privée et ne lui permettent pas d’accéder à la sphère publique. Elles manquent d’éducation, d’information, de réseaux et d’espaces pour discuter, élaborer des stratégies efficaces et former des alliances. Outre ces facteurs, dans les pays en guerre ou en conflit comme la RDC, la participation politique des femmes est aussi entravée par la situation particulière d’instabilité qui caractérise ces pays.

Au nombre des avancées relevées par les participant-e-s figurent le vote de lois fixant des quotas variables selon les pays (quota de candidatures, quota de femmes élues, etc.), l’inscription de ces dispositions dans certaines Constitutions (France, RDC, …), l’alternance obligatoire sur les listes électorales homme/femme (Venezuela).

Les participantes ont en outre formulé plusieurs recommandations notamment :

  • La féminisation des noms de métiers et autres
  • la redynamisation et l’entretien de la ferveur des mouvements de leadership
  • L’augmentation de la visibilité des femmes dans les sphères décisionnelles
  • L’encouragement de la création des réseaux pour faire progresser la réflexion sur la question et
  • Pour une parité durable, le respect de certains paliers dans nos actions (sensibilisation, éducation, plaidoyer).


Conclusion

La question de l’égalité citoyenne entre les hommes et les femmes est encore trop souvent comprise comme une question pointue, réservée à des spécialistes, ou aux seules associations de femmes. Mais au cours des échanges, l’approche participative de travail qui a été adoptée au cours de la rencontre a permis aux participant-e-s d’élargir le champ de leurs connaissances et de leur compréhension et de réfléchir à la question dans leurs propres contextes à partir des expériences d’autres acteurs ailleurs dans le monde et de pouvoir agir avec plus d’efficacité une fois de retour chez elles/eux.


Pour plus d’informations sur la rencontre, veuillez visiter : www.egalitefemmeshommes.rhonealpes.fr

Licence de l'article: Creative Commons - Titulaire de la licence de l'article: AWID