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Mise en oeuvre de la Déclaration de Paris

Répercussions sur la promotion des droits des femmes et l’égalité hommes-femmes. Janvier 2008.

Par Cecilia Alemany, Nerea Craviotto, Fernanda Hopenhaym con la colaboración de Ana Lidia Fernández-Layos, Cindy Clark and Sarah Rosenhek.

Lisez le document complet ici:

La Déclaration de Paris sur l’efficacité de l’aide au développement (DP) vise à réformer l’acheminement et la gestion de l’aide. L’objectif premier que l’on poursuit en voulant accroître l’efficacité de l’aide est la réduction de la pauvreté et l’atteinte des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD). On prétend que la DP est unique en ce qu’elle établit des principes ambitieux à partir desquels sera redéfini le lien entre les pays donateurs et bénéficiaires. Cela suppose concrètement une modification des mécanismes ou des « modalités » qui canalisent l'acheminement de l'aide.

Malgré les changements apportés à la manière dont l’aide est dispensée aux gouvernements partenaires, les organisations de la société civile (OSC) affirment que la DP demeure un cadre injuste et inégalitaire pour comprendre et mettre en oeuvre le programme d’action à l’appui de l’efficacité de l’aide. Parmi les autres préoccupations qui ont été formulées, on soutient que la DP ne tient pas compte de la sexospécificité et qu'elle est, par conséquent, fondamentalement bancale.

L’analyse des cinq principes de la DP met en lumière les préoccupations suivantes :

  • Appropriation – L’appropriation au plan local des programmes de développement ne doit pas être confondue avec la « prise en charge par les gouvernements ». Les citoyens, et notamment les organisations féminines, doivent être associés à la formulation et à la mise en oeuvre des programmes et des politiques de développement.
  • Alignement – Comme les donateurs « alignent » l’aide sur les budgets publics nationaux et que cette dernière est principalement acheminée de gouvernement à gouvernement, si l’égalité hommes-femmes n’est pas explicitement une priorité nationale (et dans de nombreux cas, il en est ainsi), sera-t-elle également exclue du programme des donateurs? Il y a également un risque qu’il y ait moins de ressources pour appuyer le travail des OSC et, notamment, des organisations féminines.
  • Harmonisation – Il est facile de voir comment l’harmonisation des politiques des donateurs peut conduire à un renforcement des conditionnalités telles que l’imposition de certaines politiques économiques et commerciales. Il y a également un risque que l’harmonisation débouche sur un cadre trop étroit (fondé sur les politiques du donateur le moins progressiste) et, par conséquent, sur un affaiblissement du programme de développement.
  • Gestion axée sur les résultats – Les principes relatifs aux droits de la personne et les obligations légales des donateurs et des gouvernements doivent servir à déterminer l’efficacité des politiques et des approches – particulièrement leur incidence sur les groupes vulnérables.
  • Responsabilité mutuelle – Le principe de la responsabilité mutuelle, là où les pays donateurs, les pays bénéficiaires et les citoyens devraient pouvoir se tenir mutuellement responsables des engagements qu’ils ont pris à l’égard du développement, ne peut être véritablement possible que s’il existe une société civile et des organisations de défense des droits des femmes fortes, indépendantes et munies des ressources adéquates.
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