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Archives du Forum 2002

Le Forum 2005 est maintenant fini. Si vous voudriez plus d'information sur notre prochain Forum international qui aura lieu en 2008 dans la Ville du Cap s'il vous plaît ici cliquez pour être dirigé à ce site.


Les rapports quotidiens des sessions plénières

Maintenant que le Forum est fini, veuillez vérifier svp les mises à jour sur notre site web sous la section « communiqués récents ». Ici, vous pouviez voir les rapports sélectionnés des sessions, les transcrits, et d'autres informations post-Forum. Les mises à jour seront postées au long du décembre à janvier.

27 octobre 2005 | 28 octobre 2005 | 29 octobre 2005 | 30 octobre 2005

Les « blogs » du Forum


30 octobre 2005

Plénière de clôture : Comment le changement est-il réalisé ? Une récapitulation

Massan d'Almeida, Modératrice AWID Carrefour
30 octobre 2005

La dernière session plénière du 10ème Forum International de l'AWID a été essentiellement consacrée au recueil des impressions des participant-e-s dans la salle et à la présentation des impressions/idées recueillies ici et là par des volontaires assignées à cettte tâche lors des différentes sessions depuis le début de la conférence.

De l'avis général des participant-e-s le Forum a offert une opportunité unique pour exprimer l'engagement du mouvement, mais aussi sa capacité à s'autocritiquer, à réaliser que nous sommes un mouvement basé non sur qui nous sommes mais ce que nous voulons. Il a en outre accru notre détermination à dire NON chaque fois que nous ne sommes pas d'accord et nous a permis de prendre conscience qu'il y tant de conflits non résolus et tellement de défis encore à relever. Ce fut pour plusieurs l'opportunité de pouvoir s'exprimer sur des préoccupations communes, des questions tabous (telles que leur orientation sexuelles).

Plus impressionnante encore furent la présence et les sessions spécifiquement conçues pour développer le leadership des jeunes femmes et les dispositions prises pour accueillir les personnes handicapées à ce programme.

Certaines questions importantes ont également été soulevées : celle de déterminer comment le cadre des droits des femmes peut intégrer la lutte des travailleuses de sexes, faire la différence entre le trafic des personnes et la migration sans risque.

Plusieurs recommandations ont également été émises entre autres : l'association des délégations gouvernementales et des corporations à de tels événements, la mobilisation des organisations féminines pour s'attaquer au problème de visa, la nécessité de créer des espaces pour mieux analyser les impacts des questions économiques et des institutions internationales sur nos vies et les avancées sur le plan régional ; comment interagir avec d'autres mouvements, aborder la question de la sécurité alimentaire ; et faire en sorte que le problème du VIH/SIDA soit intégré dans l'agenda du mouvement féministe mondial furent aussi fortement soulignés.

La conférence a pris fin sur la note d'espoir que le changement est avant tout dynamique et négocié et a lieu quand nous laissons libre cours à notre créativité.

Avant que la foule des 1800 participant-e-s au Forum ne se disperse, des notes spéciales de remerciements ont été adressées à tous les membres de l'équipe d'organisation : les membres du Comité International de Planification, les membres du Conseil d'Administration et l'ensemble du personnel de l'AWID. La nouvelle présidente du Conseil d'Administration Geetanjali Misra fut par la même occasion présentée à l'assistance par la présidente sortante Bisi Adeleye Fayemi.


29 octobre 2005

Session plénière : Comment devons-nous changer ?

Massan d'Almeida, Modératrice AWID Carrefour
29 octobre 2005

La troisième session plénière du 10ème Forum de l'AWID a été modéré par Lina Abou-Habib, directrice de la Collective pour l'Action en matière de Recherche et de Formation et a porté sur les processus que nous devons mettre en œuvre pour développer de nouveaux modèles de leadership et des mécanismes efficaces d'inclusion et de diversité.

La première intervenante, Pramada Menon du CREA, a parlé de la nécessité de changer les performances sexospécifiques, de veiller sur le type de langage que nous utilisons et ce que nous faisons. Elle a déclaré que nous devons également passer du temps pour nous examiner nous-mêmes et ne pas nous focaliser uniquement sur le travail des autres (nous assurer par exemple qu'il existe au sein des ONG, les statuts, règlements intérieurs, manuels de procédure, et que les personnes qui travaillent pour nous jouissent pleinement de leurs droits et des avantages liés à leurs postes. Elle a dit que nous devons tout remettre en question, car la tendance dans la plupart des ONG est d'employer du personnel qualifié et de les sous-payer. « Il est grand temps que cela change ! » a-t-elle martelé. Elle a également insisté sur la nécessité de nous entretenir au sein du mouvement : pour provoquer le changement, nous devons prendre soin de nous-mêmes (nos familles, nos enfants, nos partenaires) et pas seulement des autres. Nous devons aussi nous assurer de nous amuser ((divertir) suffisamment pour faire passer le stress.

Après son intervention, Marcela Rios Tobar du Chili a pris la parole et a fait remarquer qu'en tant que mouvement nous provoquons des changements et améliorons les vies des femmes, mais les défis auxquels nous sommes confrontées sont nombreux et de plusieurs ordres, d'où la nécessité de revisiter nos stratégies et de redéfinir le lien entre le niveau global et le niveau local pour plus de résultats au plan national.

Sylvia Tamale, de l'Ouganda a, quant à elle exhorté les participantes à être « ivres » de colère dans notre lutte contre les inégalités autour de nous et pour plus de justice sociale. Elle a souligné que nous devons faire plus d'efforts pour vivre selon nos convictions et essayer de réduire autant que possible l'écart qui existe entre la théorie (féministe) et la pratique du féminisme (ou l'activisme), car les extrémismes et les fondamentalismes religieux constituent de sérieuses menaces à notre lutte.

Ensuite, Medea Benjamin des Etats-Unis, cofondatrice de Code Pink : Les Femmes pour la paix et contre la guerre en Iraq a pris la parole et mis l'accent sur la nécessité de la solidarité de la communauté mondiale pour renforcer le mouvement. Elle a suggéré que des actions de solidarité soient menées devant les ambassades des Etats-Unis pour dire non à la guerre et faire pression afin que les EU investissent plutôt ces milliards de dollars pour la cause des femmes.

La dernière intervenante fut Lydia Alpizar, Directrice du programme FEMO de l'AWID. Elle a dans son allocution surtout insisté sur comment nous devons changer nous-mêmes pour changer les autres femmes. Elle a déploré l'hégémonie de l'anglais dans le mouvement et a insisté sur nécessité d'apprendre à dialoguer en dépit des barrières linguistiques pour édifier un mouvement plus fort. Elle a également déploré la rareté des ressources financières qui rendent difficile l'éclosion de nouvelles initiatives et exhorté les participant-e-s à changer d'attitude vis-à-vis de l'argent, en repolitisant nos rapports avec les bailleurs de fonds et en adoptant une démarche collective pour la mobilisation des ressources ; car sans ressources, nous ne saurons assurer la pérennité du mouvement. Elle a dit pour conclure qu'il serait bien de mettre en place des dispositifs pour échanger entre nous nos capacités et stratégies de levée de fonds afin d'aider les organisations plus jeunes et sans expérience.


27 octobre 2005

La plénière inaugurale : Qu'avons-nous changé et comment ? (Et pourquoi sommes-nous là ?)

Massan d'Almeida, Modératrice AWID Carrefour
27 octobre 2005

Le 10ème Forum international de l'AWID offre une opportunité unique aux activistes de plusieurs régions de se rencontrer dans un espace interactif pour échanger leurs expériences, élaborer des stratégies, former des alliances, se connecter pour plus d'efficacité dans leur travail.

Le discours d'ouverture a été présenté par Bisi Adeleye-Fayemi, présidente en exercice de l'AWID. Elle a d'abord adressé une chaleureuse note de remerciement à tou-te-s les 1600 participant-e-s venu-e-s de toutes les régions du monde, qui en dépit de leurs nombreuses occupations ont pris sur eux/elles d'être présent-e-s à cette importante rencontre pour examiner comment certaines institutions et politiques et nos propres priorités et pratiques ont besoin de changer, comment le monde autour de nous a changé et comment nous avons contribué à ce changement pour apprendre, débattre, rêver et célébrer.

Le discours d'ouverture, de Joanna, a été présenté par Shareen Gokal, directrice de WHRnet et Shamillah Wilson, Directrice du programme Jeunes Femmes et leadership de l'AWID. Le discours a essentiellement souligné les six raisons clés qui ont motivé l'organisation du Forum, le choix du thème et le contenu du programme.

La première c'est de se connecter de manière véritablement globale pour élaborer des stratégies sur des questions clés et profiter de l'avantage d'une rencontre face à face pour le faire. La deuxième raison, c'est de déterminer quels changements ont eu lieu : le mouvement des femmes a changé les attitudes des gens, les instituts et des vies depuis son lancement il y a plus de 20 ans, même si nous sommes conscientes que certains des changements entamés ne sont pas achevés. Car si nous voulons provoquer le changement nous devons savoir d'où nous venons en vue de savoir où nous allons. La troisième raison, c'est de déterminer comment le monde autour de nous a changé : le modernisation, les fondamentalismes religieux, les conflits, et les enjeux du moment (VIH/SIDA, intégration du genre dans les politiques, les catastrophes naturelles, etc.). La quatrième raison pour laquelle nous sommes là, c'est de nous examiner nous-mêmes, nous demander ce que nous avons acquis et les défis devant nous : évaluer les succès et les échecs pour mieux élaborer des stratégies. La cinquième raison de notre présence ici, c'est de déterminer comment le changement a-t-il lieu ? Nous connaissons les problèmes, mais pas toutes les solutions. Nous ne voulons pas un changement pour du changement. Mais un changement positif et durable. Et la dernière raison pour laquelle nous sommes là c'est de renouveler et redynamiser notre espoir et le programme est conçu de manière à ce que tous les grandes idées et les questions qui seront soulevées soient présentées à la dernière session plénière, afin que chacun-e quitte le forum et retourne dans sa localité avec des compétences acquises, mais surtout avec le sentiment de ne plus être seul-e dans la lutte qu'il/elle mène pour les droits.

Car comme l'a dit Bisi dans sa note de clôture, le changement a lieu quand nous disons non à la discrimination, réaffirmons nos droits à la dignité et créons des espaces à l'instar de celui-ci pour la transformation, et que nous l'entretenons de manière à passer le flambeau à la jeune génération.